‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 25 sur 344 · Gum.ER, Gaz. des hôpitaux, 1800, n · texte numérisé non relu

Gum.ER, Gaz. des hôpitaux, 1800, n

Nous partageons entièrement l'avis d'Alexander sur l'incurabilité de la mydriase syphilitique tardive, qu'il faut se garder de confondre avec celle tenant au tabès de même origine et qui, comme telle, peut disparaître d'elle-même sans traitement, au moins dans les premiers stades de la maladie. Un autre élément de gravité réside en ce qu'elle est fréquemment le signe avant-coureur d'accidents cérébraux, sous forme d'aliénation et de paralysie générale.

En dehors de toute cause oculaire et orbitaire, l'ophtalmoplégie intrinsèque, tant unilatérale que bilatérale, doit faire songer à une lésion des centres. Le fait de P. Etter1, l'observation du poète II. Heine, et celles publiées par Mauthner, IIutchinson-Gowers, à quoi nous pourrions en ajouter trois qui nous sont personnelles, confirment cette interprétation. Invariablement, il s'est agi de syphilis cérébrale, de paralysie bulbaire avec atrophie musculaire progressive, et, dans un de nos cas, de tuberculose méningée à marche chronique.

Les caractères cliniques de l'ophtalmoplégie nucléaire extrinsèque sont : l'abolition progressive des mouvements des yeux, atteignant successivement les divers muscles moteurs du globe; le ptosis incomplet; l'absence d'accidents cérébraux graves; le tout avec -conservation des mouvements du sphincter irien et du muscle ciliaire. L'adjonction de paralysie bulbaire, de glycosurie ou de la polyurie, ne laisse subsister aucun doute sur le siège central de la lésion.

En règle, toute ophtalmoplégie totale, c'est-à-dire intérieure et extérieure, plaide en faveur d'une lésion basilaire. Ce n'est que dans l'ophlalmoplégie suraiguë, à siège protubérantiel, que le contraire arrive.

Nous n'insisterons pas sur les ophtalmoplégies et les paralysies isolées d'un nerf, qu'on attribue à des lésions de l'écorce cérébrale. La clinique, d'accord avec l'expérimentation, tend à prouver que les désordres corticaux s'accompagnent de déviations conjuguées des yeux, plutôt que de réelles paralysies musculaires. 11 est vrai que Grasset et Landouzy2 y ont rattaché la paralysie bornée au releveur de la paupière, dont ils placent le centre moteur cortical au niveau du pli courbe; mais NothnageUCharcot, Pitres, Rendu, Tripier et d'autres encore en nient la valeur, attendu qu'il s'agissait de lésions diffuses et par cela même complexes. Un caractère mieux établi est que dans es lésions de l'écorce, la paralysie de l'iris et du muscle ciliaire font défaut. Cette dissociation se retrouve pourtant dans l'hystérie (Raymond et Kônig, l. c), et dans le goitre exophtalmique (Warner, 1882, Fitzgerald, 1884, Jendrassik, 1885, et Ballet)3.

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