Baas, Kl in. ML. 1893. p
. ï. Fucus, Lehrbuch der Augeiih., 1880, p. 631. 3. Lïder-Bouthex, Klin. .Mbl-, 1891, p. 85i Baas, loc. cit.
pondante de la tète. Le globe est en prolrusion et souvent immobile. Bientôt les paupières se gonflent et un chémosis charnu jaunâtre encadre la cornée avec peu de sécrétion conjonctivale et larmoiement discret. L'exorbitis est généralement direct, sauf lorsque la glande lacrymale participe à la phlegmasie. Une pression directe sur le globe réveille de la douleur et permet de se rendre compte que l'organe n'est pins réductible comme à l'état sain.
A part des phosphènes passagers, la vue conserve son intégrité, jusqu'à ce que le nerf optique comprimé cesse de fonctionner. A celte période, l'opbtalmoscope montre la papille quelque peu hyperhémiée. avec dilatation des veines, et bientôt la pâleur caractéristique de l'atrophie. La pupille s'élargit, devient immobile, par suite de la compression des nerfs ciliaires.
A. Ûszynski1, à propos d'un abcès rétro-bulbaire, survenu sans cause connue chez une femme de quarante-cinq ans, constata dès le début à l'opbtalmoscope un trouble rétinien péri-papillaire simulant le décollement de la rétine. Après l'évacuation du pus, la guérison eut lieu, et l'auteur insiste sur l'importance de l'examen à l'ophtalmoscopc qui seul lui permit de soupçonner la présence de la collection rétrobulbaire.
A mesure que le mal progresse, la paupière supérieure gonflée, lardacée et de couleur rouge livide, finit par céder en un point. 11 s'écoule alors une quantité notable de pus crémeux, et l'on assiste, aussitôt après, à la rentrée du globe et à la détente des phénomènes douloureux et pyrétiques.
Il est des cas bénins où le phlegmon rétrocède sans issue du pus au dehors. Ceux terminés par gangrène et perforation dans le nez, le sinus maxillaire et le crâne, sont peu fréquents et se rattachent à des ostéo-périostites antérieures ou concomitantes. Une complication moins rare et plus redoutable est la phlébite orbitaire et la thrombose des sinus. C'est alors que l'amaurose par atrophie est à craindre, tandis que rien dans les allures du phlegmon ne faisait prévoir la terminaison par cécité. Cela est surtout vrai pour l'érysipèle de la face, les septicémies puerpérales, varioliques et chirurgicales, le typhus, l'inlluenza, la morve, le farcin, la pustule maligne, y compris le furoncle et l'anthrax facio-labial et pré-sourcilier. Ainsi que nous le dirons plus loin, il s'agit alors de phlegmons phlébitiques et de thrombose des sinus, appelés métastatiques. Ces cas se caractérisent par la rapidité de la marche, la multiplicité des abcès orbilaires. les accidents cérébraux et l'état général grave avec symptômes délirants ou adynamiques; presque toujours la mort en est la conséquence.
•1. Uszvssia, Klin. MIL. XXX. p. 110, 1800.
La plupart des auteurs compétents insistent sur la fréquence des amblyopies et amauroses dans le cours des phlegmons érysipélaleux de l'orbite. Pour les expliquer, les uns invoquent, sans preuves analomiques, l'ostéo-périostite du canal optique : d'autres, la thrombose des veines rétiniennes agissant par compression. Telle est l'opinion de Xieden1, Mellinger8, Knapp3 et Cari4. Baas5, ayant pratiqué l'autopsie d'une femme atteinte de parotidite bilatérale et d'un double phlegmon orbitaire, n'a trouvé ni névrite, ni épanchement dans les gaines du nerf, ni inflammation du canal optique. Les sinus de la dure-mère et les os du crâne étaient également sains; seuls les lobes cérébraux antérieur et postérieur droits contenaient des abcès: comme la rétine et les milieux, à l'exception de synéchies iritiques et de stries cataractées de l'œil gauche, ne présentaient rien d'anormal, l'auteur explique l'amaurose par la stase ou la thrombose des veines orbitaires, le long de l'ophtalmo-faciale. D'après lui. la même pathogénie serait applicable'à une autre observation relatée dans le Centralblatt fur Augenh., décembre 1892.
Un décollement rétinien transitoire symptomatique est rare et n'a été signalé que par G-raefe et Berlin. Keiler6 y a de nouveau appelé l'attention.
S'il est vrai que le phlegmon érysipélateux peut se résoudre spontanément ou après un traitement, avec retour de la vision, il n'en reste pas moins établi qu'il constitue une affection grave, pouvant entraîner une amaurose incurable. Schwendt7. sur 44 cas. a constaté que dans 7 il y eut amblyopie et. dans les autres, amaurose. Il relate 15 phtisies du globe, plus 11 morts par méningite et thrombose. Dans tous ceux terminés par amaurose, il y avait atrophie optique précédée trois fois de stase, ailleurs de névrite. L'auteur accuse le processus érysipélateux d'exercer une action élective sur le nerf optique.
Le phlegmon survenant dans le cours de la syphilis parait être moins grave, si l'on enjuged'après l'observation de Pagenstechers relative à un homme de vingt-quatre ans, atteint de plaques muqueuses de la bouche. Les frictions hydrargyriques procurèrent la guérison de l'exophtalmie phlegmoneuse dans l'espace de douze jours. Même bénignité relative pour le phlegmon consécutif à la suppuration de l'antre d'Ilighmore et à la carie alvéolo-dentaire. D'après l'auteur, la propa-