Schmidt, Arch. f. Opht
sans lésions des sinus, et la mort est survenue par pyohémie. Dans le l'ait de Schmidt, bien que la veine ophtalmique fût remplie de pus jusque dans ses moindres branches, que le tissu cellulo-graisseux, les muscles et la paupière inférieure fussent infiltrés, les sinus étaient perméables, et il n'y avait aucune trace de méningite. Malgré cela, le malade avait offert du chémosis, de l'exophtalmie et l'immobilité du globe. Le délire, dont il est fait mention, doit être attribué à la pyohémie.
La confusion avec un sarcome à marche rapide, signalée par Lancial, d'après Tillaux. nous parait un fait exceptionnel. Comme ici, il n'existe ni symptômes cérébraux, ni élévation de la température, la différenciation est aisée.
Bowman, à cause du souffle et des pulsations, avait pris, pour un anévrysme de la carotide dans le crâne, la thrombose du sinus caverneux. On évitera celte erreur, si l'on songe que l'exophtalmie, la fièvre et la paralysie des nerfs orbitaires ne sont pas le propre des anévrysmes de cette région.
Le pronostic est très grave et nous ne saurions citer aucun exemple probant de guérison, pas même celui deWreden1, où le léger exorbitis tenait simplement à l'infiltration séreuse de l'orbite par érysipèle l>alpébro-facial, ainsi que le prouve la conservation de la vue des deux côtés.
Etant donnée la gravité extrême de l'affection, il faut s'attacher surtout à la prévenir. C'est ainsi que le furoncle et l'anthrax de la face, le phlegmon orbitaire, la panophtalmie, les suppurations de l'oreille, du nez, du sac lacrymal, des sinus maxillaire, sphénoïdal et frontal. les ostéites des maxillaires et la carie des dents, exigent un traitement chirurgical hâtif et une antisepsie rigoureuse. Les moindres écorchures ou plaies du visage méritent également des soins, en vue d'éviter leur infection.
Tant que l'exophtalmie et les autres accidents orbitaires tiennent le premier rang et que les symptômes cérébraux manquent, on procédera, comme pour le phlegmon, à l'ouverture prompte du foyer, suivie d'injections au sublimé ou à l'acide phénique. D'un autre côté on ne négligera pas de soutenir les forces du malade et de combattre l'albuminurie, le diabète, l'alcoolisme, s'il y a lieu.
Nous ne conseillons pas l'ouverture des sinus et la ligature de la jugulaire proposées par Horsley'. Le seul malade opéré de la sorte mourut seize heures après.
I. Wbeden, Arch. of Opht. and Olol., t. V, p. 7ô, 1870. '2. IIonsLEV, Biain Surgery, London, 1887.
TÉNONITE OU HYGROMA DE LA BOURSE SEREUSE DU GLOBE. 331