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De Wecker, Thérapeutique oculaire, p

384 TRAUMATISMES DE L'ORBITE.

application. Le séjour dans une pièce suffisamment chaude et en dehors de tout courant d'air est indispensable.

TRAUMATISMES DE L'ORBITE

Par la diversité des éléments contenus dans l'orbite et l'importance de leurs rapports avec les cavités voisines, particulièrement le crâne, les traumatismes orbitaires offrent une gravité réelle. Nous étudierons successivement ceux des parois et des parties molles, en y ajoutant la luxation du globe.

Contusions, — Rien n'est fréquent comme les chocs et les coups sur le rebord orbitaire, surtout au niveau des points saillants, apophyse externe du frontal en haut, os malaire en bas.

L'angle tranchant de l'apophyse externe du coronal coupe les téguments de la profondeur à la surface, d'où production de plaies contuses linéaires spéciales à la région du sourcil. Un autre caractère propre est le décollement du périoste, avec épanchement de sang et plus tard de pus entre lui et l'os. Comme le fascia palpébral supérieur adhère fortement au rebord orbitaire. les liquides pathologiques infiltrent bien les paupières, mais ont plus de tendance à pénétrer dans l'orbite et à provoquer le phlegmon. La rétention du pus sous le périoste se complique très souvent d'érysipèle facio-crânien grave : aussi ne saurait-on trop se hâter de laver anliseptiquemcnt la plaie, d'appliquer de l'iodoforine et un bandage ouaté sec. Sitôt que la suppuration s'établit, on ouvre l'abcès clans la partie la plus déclive el l'on introduit un drain pour assurer l'écoulement du pus et empêcher la formation d'un foyer d'infection. On continue les lavages antiseptiques, et l'on applique des compresses phéniquées, renouvelées aussi souvent que le comporte l'abondance de la suppuration. A cause de la mâchure des lèvres de la plaie, la suture immédiate réussit rarement, outre qu'elle expose plus tard à l'emprisonnement du pus, ce qui rend nécessaire l'enlèvement anticipé des lils.

La contusion du rebord orbitaire supérieur en dedans et celle de l'inférieur n'offrent rien de spécial, sauf qu'il peut en résulter des névralgies, de l'anesthésie ou de la paresthésie par suite du choc éprouvé par les branches nerveuses qui en émergent.

A propos des amblyopies consécutives prétendues réflexes, nous nous sommes attaché à prouver qu'elles rentrent pour la plupart dans riiystéro-traumatisme. Les véritables atrophies optiques résultent de fractures, de périoslites et d'hématomes du canal optique ou des gaines du nerf.

Une \iolente contusion du rebord nasal, portant directement sur le sac lacrymal, provoque exceptionnellement delà dacryocystitc aiguë; Mackenzie en cite un exemple chez un tisseur ayant reçu à ce niveau un fuseau de bois projeté avec force.

Les symptômes des contusions du rebord orbitaire se traduisent par une douleur gravative localisée, sauf lorsqu'il s'ajoute de la névralgie par blessure des nerfs. L'ecchymose avec gonflement des paupières est constante et gagne souvent la face, jusque du côté opposé. Après résorption du sang, tout rentre dans l'ordre, ou bien il subsiste sur le point contusionné un noyau dur, dépendant de l'hyperplasie du périoste.

Le pronostic est en somme favorable. Si des névralgies frontonasales persistent, on use des divers moyens thérapeutiques, et en cas d'insuccès on fait l'excision de la cicatrice, la névrotomie ou l'élongation des branches douloureuses.

Fractures et coiys étrangers de Vorbite. — Les fractures de l'orbite sont directes ou indirectes. Les premières intéressent le rebord orbitaire et parfois les parois; les secondes sont dues à l'extension de fêlures de la base du crâne, plus rarement du maxillaire supérieur. de l'os malaire ou de l'apophyse montante.

Les fractures isolées du rebord sont les moins graves, et peuvent s'accompagner de disjonction des os, principalement des sutures fronto-malaire en haut, zygomato-maxillaire en bas. Lorsque les sinus frontal et maxillaire, l'apophyse montante ou la gouttière de l'unguis, sont intéressés, il en résulte de l'emphysème des paupières, plus rarement de l'orbite. L'ecchymose ne diffère pas de celle des contusions simples, sauf que le sang venant à fuser dans l'orbite provoque une légère protrusion du globe.

Les symptômes des fractures marginales sont : la douleur très vive localisée, s'exagérant par la pression directe, ou lorsqu'on comprime les deux moitiés delà face; l'emphysème qui n'est pas constant, et, dans les fêlures du canal sous-orbitaire, l'anesthésie de la moitié correspondante de la lèvre supérieure et de l'aile du nez.

L'emphysème n'aggrave en rien le pronostic, fait qui est en désaccord avec la doctrine de l'infection des plaies par les poussières de l'air. Le traitement ne diffère pas de celui des contusions simples ou compliquées.

Toute esquille primitive tenant encore au périoste doit être remise en place. Le cal, sauf une certaine difformité du rebord en cas d'enfoncement, la compression des nerfs limitrophes et l'obstruction du canal nasal, n'offre rien de particulier.

Les fractures directes des parois orbitaires reconnaissent pour cause la pénétration d'instruments pointus, lame de couteau, fleuret : plus

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