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Boisei et Gileert, Revue de iléd., p

408 EXOPHTALMIE.

L'anémie profonde est fréquente, ainsi que le myxœdème, le gonflement des membres inférieurs et l'élévation de la température soit locale, soit générale.

L'étude dés quatre symptômes cardinaux mérite de nous arrêter davantage.

La tachycardie, par sa constance et son apparition au début de l'affection, constitue un signe important. Les battements du cœur sont, non seulement accélérés, mais aussi plus forts et soulèvent parfois toute la paroi thoracique antérieure ainsi que l'épigastre. Au moment des paroxysmes, il s'ajoute un bruit de souffle systoliquc, plus rarement diastolique, offrant son maximum d'intensité à la pointe et à gauche. Dans les cas avancés, on constate à la percussion une hypertrophie cardiaque, qui peut disparaître lors de rétrocession de la maladie, preuve qu'il ne s'agit point de lésion organique. Les carotides semblent élargies et sont animées de battements amples. A leur niveau, on perçoit au stéthoscope un susurrus continu avec redoublement, détail sur lequel Parey a insisté le premier. Le pouls radial reste au contraire petit. Les veines jugulaires et thyroïdiennes, gonflées et exceptionnement pulsatiles, sont parfois le siège d'un léger bruissement.

L'hypertrophie du corps thyroïde ne tarde pas à apparaître et se montre généralement égale dans les deux lobes. Lorsqu'elle prédomine sur l'un d'eux, ou qu'elle reste par exception unilatérale, le côté droit est le plus souvent affecté. Ce gonflement diffère du goitre ordinaire par les battements qu'il présente, le léger souffle systoliquc ou continu, le développement des réseaux veineux sous-cutanés et les variations de volume en rapport avec les accès cardiaques.

Le tremblement, surtout prononcé aux membres supérieurs, est continu et consiste en oscillations rapides qui s'exagèrent sous l'influence de toute impression physique ou morale.

Y! exophtalmie, presque toujours directe, est ordinairement bilatérale, parfois plus prononcée d'un côté que de l'autre. Il est rare que le second œil se prenne des mois et des années après le premier, ou encore que l'exophtalmie reste définitivement unilatérale. En exerçant une légère pression sur le globe à travers les paupières, on le réduit facilement; mais sitôt que l'on cesse, il reprend sa position primitive.

L'auscultation, après interposition sur l'œil d'un coussinet à air, a permis à Snellen d'entendre un bruit de souffle aigu avec redoublement systolique, analogue à celui perçu au niveau du corps thyroïde.

La mobilité du globe, sans être sensiblement réduite, offre souvent une insuffisance de la convergence (Môbius),ou la diminution des mouvements synergiques de latéralité. Une véritable paralysie musculaire

est rare. Romberg cite celle du droit interne droit, avec parésie des deux abducteurs; Stellwag et Eulemburg, celle des droits externes et des releveurs de la paupière; Féréol', la parésie du trochléateur droit. L'accommodateur, sauf dans les cas d'atonie prononcée, n'est pas atteint. Tantôt la pupille est dilatée, tantôt contractée ou normale, mais toujours sensible aux mydriatiques et aux myotiques. En général, la réfraction ne cliange pas, et v. Grsefe a même nié la possibilité d'une transformation de l'emmétropie en myopie. Disons toutefois que chez une de nos malades antérieurement emmétrope, nous avons pu constater, après l'évolution de l'exophtalmie, une myopie de 1 D à droite et de 4 à gauche. Le même fait a été signalé par Prael.

Les paupières sont largement ouvertes et semblent repoussées par le pannicule graisseux de l'orbite; ce qui entraine l'effacement du sillon orbito-palpébral supérieur et parfois celui de l'inférieur.

Il en résulte qu'une partie de la sclérotique et la totalité de la cornée restent à découvert, ce qui donne à la physionomie un aspect hagard. Même pendant le sommeil les yeux restent à demi fermés, par suite sans doute de la saillie du globe.

Malgré cette lagophtalmie partielle qui constitue le signe de Stellwag, la sécrétion lacrymale n'est pas augmentée,-et le sujet se plaint même de sécheresse de l'œil qui devient gênante et douloureuse, lorsqu'il se trouve dans un endroit surchauffé. Cet état tient à l'affaiblissement de la sensibilité tactile de la cornée et de la conjonctive, plutôt qu'à une diminution de la sécrétion des lames.

Un symptôme presque constant signalé par de Gra?fe consiste dans la perte des mouvements consensuels de la paupière supérieure et de ceux d'élévation et d'abaissement du globe. Ce signe d'origine nerveuse est indépendant du degré d'exorbitis et se montre parfois dès le début, alors que l'œil est à peine protrusé. Il peut même disparaître sans que l'exophtalmie s'amende.

A l'ophtalmoscope, on observe souvent le pouls artériel et quelquefois le pouls veineux, dont l'intensité varie suivant le plus ou moins d'accélération du cœur.

Une complication heureusement rare est l'ulcération de la cornée, aboutissant ou non à la fonte purulente de l'œil. Cette kératite septique procède ordinairement sans douleurs vives ni photophobie, et parfois rétrocède en laissant subsister des taies cicatricielles. Étant donné qu'elle n'est nullement en rapport avec le degré de l'exophtalmie, qu'elle survient principalement chez les individus âgés et cachectiques, et que, malgré toutes les précautions prises, le second œil peut se perdre à son tour, ainsi que nous l'avons observé chez une dame de

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