Fûikol, Gaz. des hôpitaux, n
410 EXOPHTALMIE.
cinquante-sept ans, il y a lieu d'incriminer non seulement la dessiccation de la cornée continuellement exposée à l'air, mais surtout des troubles trophiques dont on ignore la nature.
La marche de l'affection est lentement progressive et présente des périodes d'acalmie. qu'il faut se garder d'attribuer au traitement mis en usage. La forme aiguë est exceptionnelle, se complique d'épistaxis, de troubles menstruels, de dyspnée, et peut aboutir à la mort, ou passer à l'état chronique. Des types frustes où l'un des quatre symptômes cardinaux manque ont été également notés. En ce qui concerne l'exophtalmie, il est très rare qu'elle se montre isolée comme dans les observations de Mooren1 et Mauthner2, où seul le signe de Graefc justifiait le diagnostic porté. Ce qui est plus commun, c'est de. voir subsister un certain degré d'exorbitis et de goitre, alors que la tachycardie et le tremblement ont complètement disparu.
Les retours offensifs sont toujours à craindre sous l'influence de troubles psychiques, de la grossesse et de l'aménorrhée. Disons toutefois que Basedow, Trousseau, Charcot et d'autres, ont cité des cas où la grossesse a exercé une action résolutive.
La mortalité est de 12 pour 100 environ et tient principalement à des complications cérébrales, cardiaques, hépatiques ou rénales, plus rarement à des hémorrhagies intestinales et pulmonaires, à l'asystolie, ou à la gangrène des extrémités.
Le sexe féminin est particulièrement exposé à l'affection. En réunissant plusieurs statistiques, on arrive à la proportion de 8 femmes contre un homme. C'est entre la puberté et la ménopause que ces dernières sont surtout atteintes, tandis que chez l'homme on observe la maladie surtout après trente ans. Par exception on a signalé des cas chez des enfants de sept à quinze ans, et chez des femmes de soixante ans et au-dessus.
Le iiervosismc, principalement l'hystérie et le tempérament colérique (Potain), y prédisposent, et il en est de même de la chlorose, de l'anémie, des troubles menstruels et de toutes les causes physiques et morales. On a également incriminé l'épilepsie, des vésanies tant spontanées qu'héréditaires, la chorée, le tabès, le myxœdème, les affections de l'utérus, la syphilis, le goitre vulgaire endémique et même certaines lésions des fosses nasales, principalement l'hypertrophie des cornets.
Les lésions anatomiques n'ont rien de fixe et peuvent, lorsqu'elles existent, passer pour secondaires. C'est ainsi que la dilatation des jugulaires et des ventricules du cœur, avec ou sans hypertrophie des