Kcedex, Diss. Inaug., Berlin
412 EXOPHTALMIE.
cause, ce qui fut nié par Charcot1 et soutenu par Aran2, Trousseau, Eulenburg et Gutfmann3. Aujourd'hui celte doctrine perd considérablement du terrain, et nous avons été des premiers avec Vulpian à assigner à l'affection un siège bulbaire.
La section du grand sympathique au cou et sa compression par tumeur ou autrement entraînent le rétrécissement de la fente palpébrale et de la pupille, l'enfoncement du globe et une forte congestion de la conjonctive, symptômes qui tous font défaut dans la maladie de Basedow. De même, l'excitation de ce nerf dilate la pupille au maximum et rétrécit les vaisseaux de la moitié correspondante de la tète, ce qui contraste encore avec ce qu'on observe dans le goitre exophtalmique.
Étant donné que la paralysie ou l'excitation du centre cilio-spinal ne provoque ni exophtalmie, ni goitre, ni tachycardie, force nous est de reporter la lésion clans une partie plus élevée de l'axe cérébrospinal; comme la tachycardie constitue le symptôme constant et initial, auquel succèdent l'augmentation de volume du corps thyroïde et la protrusion du globe, l'altération fondamentale doit siéger dans le territoire du pneumogastrique. Ce nerf, il est vrai, a presque toujours été trouvé sain; mais il est à présumer que son centre médulloprotubérantiel est en cause.
La dilatation énorme des vaisseaux de la tête et du cou, qui est permanente et a pour effet constant d'augmenter le volume du corps thyroïde et du contenu de l'orbite, ne saurait s'expliquer que par la paralysie de celte portion du centre intra-crânien du sympathique, influençant la vascularité seule et non les nerfs de l'iris. Or l'anatomie et la physiologie nous enseignent que ce centre vasculo-sympathique se trouve non loin de celui du nerf vague et de la cinquième paire, dont la section dans le crâne entraîne la rougeur du globe et de l'exophtalmie. En supposant que les deux centres bulbo-protubérantiels se paralysent à la fois, ou l'un après l'autre, on s'explique la triade symptomatique qui caractérise l'affection, alors que dans l'hypothèse d'une lésion du sympathique cervical, il faut faire intervenir un processus compliqué, paralytique et excito-moteur à la fois. Filehne4, dans des expériences sur de jeunes lapins, a provoqué par la section de l'un ou des deux corps restiformes l'accélération du pouls et l'exophtalmie, rarement l'augmentation du corps thyroïde. Durdufi5 a obtenu les mêmes résultats par l'hémi-section du bulbe au-dessous du luber-