Fromaget, Arch. d'opht., t. XIII. p
Histologiquement le pédicule, entouré par du tissu graisseux, était formé de deux couches : une externe fibro-cellulaire pourvue de nombreux vaisseaux ; une interne friable, riche en cellules à noyaux et tapissée presque partout d'épithélium cylindrique non cilié. La cavité du pédicule était paracentralc, à cause de la présence d'un gros bourgeon latéral, de structure aréolaire, que l'auteur envisage comme du tissu conjonctif, mais qui pourrait bien passer pour le tissu dégénéré du nerf pourvu de ses cloisons caractéristiques.
Le grand kyste présentait une couche externe fibreuse, parcourue de gros vaisseaux. La paroi interne, molle, était constituée de fibres perpendiculaires ou obliques, et de nombreuses cellules rondes qui s'allongeaient de plus en plus, à mesure qu'on se rapprochait de la face cavitaire. Nulle part il n'existait d'épithélium cylindrique.
Le petit kyste, à liquide brunâtre, contenait, comme il a été dit, le cristallin. Sa paroi était formée de dehors en dedans par la sclérocornée modifiée, une couche moyenne fortement pigmentée représentant le tractus uvéal, et une dernière interne blanchâtre, friable, recroquevillée sur elle-même, appartenant à la rétine, dont elle se différenciait par l'absence de fibres optiques, la sclérose du stroma et l'atrophie de la plupart des cellules nerveuses.
Fromaget interprète sa pièce comme il suit : Le pédicule canaliculé, tapissé d'épithélium cylindrique et pourvu de diverticules, serait de la muqueuse. Même origine pour le grand kyste. Quant à l'œil rudimentaire, il aurait été repoussé en bas et en dedans par la production. Se fondant sur l'analyse chimique du contenu et sur l'examen histologique, il admet l'enclavement dans l'orbite d'une portion de la muqueuse naso-lacrymale, aux dépens de laquelle se serait développé le kyste. Tout en généralisant cette pathogénie, il pense que certaines transformations kystiques peuvent provenir du globe lui-même, comme dans le cas de Lapersonne.
Une observation personnelle a été insérée dans les Archives d'ophtalmologie1; vu l'enseignement très net qui en découle au point de vue de la pathogénie de ces kystes, nous pensons qu'elle mérite d'être mentionnée.
Fillette de douze ans portant un kyste séreux sous-palpébral classique, apparu à l'âge de cinq ans. Les progrès de la tumeur, lents jusqu'à onze ans, étaient devenus rapides depuis quelques mois, aux approches de la puberté. L'œil correspondant, ainsi que le droit, sont emmétropes et n'offrent aucune trace de colobome.
L'extirpation de la tumeur nous fit découvrir un pédicule fibro-cellu-