Panas, Arcli. d'opht., VII, p
leux aplati qui adhérait au bas de la sclérotique cl
ténonienne de la gaine du petit
oblique.
Le corps du kyste était bilobé.
Le plus gros lobe mesurant 22 millimètres de long sur 12 de large, proéminait sous la paupière inférieure gauche et contenait du liquide glaireux brunâtre; le petit lobe enchatonné sous le repli semilunaire faisait saillie dans le culde-sac inférieur de la conjonctive et renfermait du liquide mucoide transparent.
Après durcissement dans la liqueur de Kleinenberg, l'examen histologique fait par notre chef de laboratoire Vassaux, permit de
Fig. 278.
Tumeur, dimensions naturelles^ A premier kyste bilobé de couleur violacée; B, deuxième kvste non coloré.
Fig. 279. — Coupe passant par les deux kystes suivant la ligne XX' de la figure, a, cavité du grand kyste. — b, petit kyste. — c, ilôts cartilagineux. — cl, aciui glandulaires.— e, f, aqueduc anfractueux faisant communiquer les deux kystes, revêtu d'épithélium cylindrique stratifié. — e. son embouchure dans le petit kyste. — /', sou embouchure daus le grand kyste. — m, vaisseaux. — h, cellules adipeuses.
reconnaître que le liquide brun glaireux de la grande poche tenait
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en suspension des leucocytes volumineux, chargés de grains hémaliques, et des globules sanguins altérés. Rien de pareil dans le petit kyste, dont le contenu, rappelant le mucus visqueux et transparent du col utérin, s'était coagulé en masse sous l'action du réactif. Des coupes passant par les deux kystes, suivant la ligne xx, révèlent des particularités inattendues. Au niveau de l'isthme qui relie les deux poches
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snt
Fig. 280.
Acini glandulaires avec conduit excréteur l entouré de leucocytes.
Fig. 281. — Coupe do la paroi du petit kyste B. b, contenu du kyste avec leucocytes chargés de pigment. — «, épithélium modifié. — c, vaisseau infiltré de leucocytes.
(fig. 279) il existe un conduit irrégulier, autour duquel convergent des acini glandulaires cl; plus en dehors, on aperçoit des cellules rondes et fusiformes, des vaisseaux sanguins mm; des îlots de cartilage hyalin, ce, et quel b
ques amas de cellules graisseuses, h ; le tout contenu dans le tissu conjonctif dense. La figure 280 montre des acini glandulaires amplifiés et une partie du conduit /. où ils se déversent.
Fig. 282. — Coupe de la paroi du grand kyste A. i ■ j *■. i (
• , : La paroi du petit kyste
o, contenu du kyste avec leucocytes charges de pigment . , noi\ ■ t
hématique. — à, épithélium modifié. — c, tissu cellulo- (fig. 281) est Constituée
iibreux avec membrane hasale contre le revêtement épi- ^épitllélhim Cylindrique Ihchal. " J J
stratifié a, en rapport avec le contenu albumineux coagulé, b, et d'une couche conjonctive vasculaire c, infiltrée de leucocytes et de cellules fusiformes. La paroi du grand kyste (fig. 282) offre la même composition, sauf qu'ici l'épithélium a est modifié.
Dans les deux poches, il s'agit, comme on le voit, de parois ayant
les caractères d'une muqueuse et nullement de la rétine. Du reste, il n'y avait ici que des rapports de contiguïté avec le globe de l'œil, en tous points normal et possédant son acuité visuelle entière.
Si Ton Lient compte que les kystes de cet ordre occupent invariablement l'angle inféro-interne de l'orbite, en d'autres termes qu'ils soûl prélacrymaux; qu'alors même qu'ils arrivent à se confondre avec les reliquats du globe embryonnaire, ils conservent une indépendance réelle dans leur évolution ultérieure; que leur contenu séreux, sanguinolent et souvent albumineux, diffère essentiellement de la constitution chimique de l'humeur aqueuse, on ne saurait les envisager dans la majorité des cas comme des diverticules de l'œil arrêté dans son évolution. 11 est bien plus conforme à tout ce qui vient d'être exposé, d'admettre qu'un kyste dermo-muqueux, venant à pénétrer dans l'orbite au moment des premières assises du globe, entrave son évolution et finit par se confondre avec lui. Si son pédicule se fixe d'ordinaire à la gaine du nerf optique, c'est que l'occlusion de la fente qui débute par le milieu s'achève en ce point. En supposant que le kyste reste petit, ou mieux encore qu'il évolue plus tard, on s'explique les divers degrés de l'arrêt de développement du globe. Si, contrairementaux mucoïdes en question, les dermoïdes n'exercent pas la même influence, c'est que leur siège de prédilection à la queue du sourcil les empêche de se diriger vers la fente embryonnaire du globe.
Lorsque le dermoïde occupe exceptionnellement le plancher, la microphtalmie en est également la suite, comme dans les observations de Chlapowsky et de Manz.
Dans le cas de Manz', le kyste, du volume d'une noix, était tapissé d'épithélium à couches stratifiées et présentait des poils lanugineux. Derrière lui, se trouvait un petit œil cylindroïde pourvu d'une cornée transparente, d'une chambre antérieure et d'amas de pigment au niveau du cercle ciliaire ; un cordon fibreux, vestige du nerf optique, le rattachait au fond de l'orbite. La sclérotique, en partie absente, était remplacée par une couche cellulo-adipeuse.
Chlapowsky2, sous le titre de microphlalmie avec kyste athéronialeux congénital, rapporte l'observation d'un jeune homme de seize ans, porteur d'un kyste sous-palpébral gauche avec anophlalinie apparente; l'œil droit était normal. A l'examen on trouva le kyste rempli d'un magma de cellules épithéliales et de graisse; un pédicule fibreux le raltachait au fond de l'orbite. Après cicatrisation, on apercevait dans la profondeur de l'orbite un noyau blanchâtre du volume d'un grain de chènevis, vestige probable de l'œil rudimentaire.