‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 303 sur 344 · Rosas, Oestr. Mcd. Woch., n · texte numérisé non relu

Rosas, Oestr. Mcd. Woch., n

KYSTES DERMOIDES DE L'ORBITE. kk\

La présence de fins poils lanugineux libres ou fixés à la paroi est bien plus caractéristique. A leur défaut, il n'est pas rare de renconlrer des glandes sébacées el même sudoripares. Dans l'observation de Mitwalsky, ces dernières formaient une sorte de convolvulus, rappelant le cystaadénome papillifèrc de l'ovaire; il y avait, de plus, une plaque osseuse de 1 centimètre de long sur 2 millimètres de large et f d'épaisseur, et quelques noyaux cartilagineux. La tumeur, volumineuse, avait luxé la glande lacrymale, refoulé le globe en bas et en dedans, et provoqué de l'amblyopie par papillo-névrile. Lors de l'extirpation, il s'écoula une grande quantité de liquide trouble, et le nerf optique, compris dans la masse, dut être excisé dans l'étendue de 1 centimètre. Au microscope, les vaisseaux veineux de la paroi étaient normanx. alors que ceux artériels offraient une endo-vasculite prononcée allant .jusqu'à l'oblitération de leur calibre; on rencontrait un grand nombre de filets nerveux, mais nulle part des fibres musculaires lisses.

Le diagnostic différentiel avec certains kystes liquides, le lipome, le fibrome et l'angiome lipomateux, n'est pas toujours facile, et il faut s'attendre à des surprises au moment de l'extirpation. On ne doit pas oublier, que si les dermoïdes apparaissent d'ordinaire peu de temps après la naissance, ils peuvent aussi ne se montrer que vers la puberté, qui exerce une action accélératrice manifeste comme le traumatisme.

La patbogénie de ces kystes nous parait aujourd'hui définitivement établie. 11 s'agit toujours, ou à peu près, de l'enclavement d'une portion de l'ectoderme au niveau des fentes branchiales, de l'interne ou nasolacrymale, ou de celle oblique de la face aboutissant à la queue du sourcil. L'origine folliculaire, comme pour les loupes, mérite confirmation et reste en tout cas fort rare.

Sauf lorsque la tumeur a eu pour effet d'entraver l'évolution du globe, d'atrophier le nerf optique, et d'exposer la cornée à se perforer, le pronostic est bénin.

Le seul traitement efficace réside dans l'extirpation totale de la poche; la conservation de l'œil, même s'il est complètement amaurotique, s'impose. Chez notre malade, âgé de douze ans, l'extirpation du dermoïde, du volume d'un marron, avec prolongement jusqu'au fond de l'orbite, permit à l'œil de reprendre sa position et sa mobilité entière. La cicatrice opératoire est restée à peine perceptible.

A cûté des kystes dermoïdes, nous mentionnerons l'observation d'une tumeur complexe que Broer et Weigert1 décrivent sous le nom de tératome. Elle rappelle les productions congénitales du testicule, de l'ovaire et de la région coxygienne. Déjà Barnes avait fait mention d'une dent incluse dans l'intérieur d'un kyste orbitaire.

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