‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 307 sur 344 · TUMEURS MALIGNES DE L'ORBITE · texte numérisé non relu

TUMEURS MALIGNES DE L'ORBITE

strabisme inféro-externe. A l'énucléation nous pûmes constater que la masse avait traversé l'espace de séparation des muscles droits supérieur et interne. Les néoplasmes dérivant de la gaine durale du nerf suivent le même chemin.

Certains sarcomes sont fluctuants, et une fois ponctionnés ils laissent écouler du liquide sanguinolent ou citrin, d'où la possibilité de les confondre avec des kystes. D'autres présentent des battements et un léger mouvement d'expansion, à cause des nombreux vaisseaux qui les sillonnent, ou par le fait de leur pénétration dans le crâne. Il faut se garder de les prendre pour des tumeurs angiomateuses.

Comme souvent un traumatisme antérieur précède l'évolution du néoplasme et que parfois l'une ou l'autre paupière devient spontanément ecchymolique, on peut penser à tort qu'il s'agit d'hématome. De même une dureté pierreuse et une marche lente, comme dans le cas de Tornatola1, peuvent faire penser à un fibroïde, à I'enchondrome ou à l'exostose. Inversement, une marche rapide et des signes réactionnels en ont imposé parfois pour de l'ostéo-périostitc. Dans un fait de ce genre, Quarry-Silock2 trouva à l'ouverture du foyer une masse granulomateuse. formée exclusivement de cellules rondes, lymphoïdes.

On voit, d'après cela, combien une grande expérience clinique est nécessaire pour éviter l'erreur, et même alors il faut s'attendre à des surprises.

A côté du sarcome classique se placent certains types particuliers moins communs, que nous allons énumérer :

Le carcinome, qui débute toujours par les paupières, la conjonctive ou les glandes lacrymales, s'attaque aux individus âgés, évolue plus vite et envahit rapidement les ganglions préauriculaires et sousmaxillaires.

Le cylindrome ne diffère du sarcome parvi-cellulaire que par sa structure alvéolaire et sa grande tendance à récidiver sur place, plutôt qu'à se généraliser; ordinairement il renferme des éléments myxomateux, hyalins, cartilagineux, et des cellules épithélioïdes. Il débute par les paupières, le périoste, le tissu graisseux de l'orbite ou les glandes lacrymales, et peut envahir progressivement jusqu'aux os. D'après v. Grsefe3 et Sattler '*, il provoque des douleurs vives, respecte longtemps les ganglions et n'entraîne pas de dyscrasie prononcée. Malgré ces caractères distinctifs, l'examen histologique seul permet d'en établir la nature.

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