PROTHÈSE OCULAIRE
L'idée de parer à la difformité résultant de Panophtalmie, tant accidentelle qu'opératoire, remonte à l'antiquité. A cette époque, les yeux artificiels consistaient en coques peintes placées au-dessus ou au-dessous des paupières ; d'où les désignations à'ecblephara et d'hypoblephara. Jusqu'à Ambroise Paré, les cupules étaient en cuir, en bois ou en métal : Fabrice de Hilden en fit construire en verre et en faïence. L'œil d'émail, définitivement adopté, remonte au commencement du xviiic siècle et revient à l'industrie française. Depuis 1881. on a voulu lui substituer des coques en vulcanite, puis en celluloïde, qui nous paraissent représenter moins parfaitement l'œil normal.
Non seulement la coque doit remplir le but esthétique, mais aussi elle doit posséder les mouvements du globe. Lorsque celui-ci fait entièrement défaut, la mobilité est encore suffisante, pourvu qu'on ait procédé à l'énucléation par la méthode de Bonnet. Dans tous les cas, ce ne sont pas les muscles qui agissent sur l'appareil, mais la pression atmosphérique à travers les paupières. Ainsi, lors de l'adduction et de l'abduction, il se produit, par la contraction des muscles correspondants, une dépression du sac conjonctival dans le sens du mouvement, avec saillie du côté opposé. Il en résulte, que l'excursion horizontale est d'autant plus étendue que le moignon est plus étoffé. Voilà pourquoi depuis que, dans un but prophylactique, on a pratiqué