Borel, Arch. d'.opht., t. VI, p
ambiante. L'occlusion d'un œil non seulement accélère les oscillations, mais encore peut en changer la direction.
Dans le nystagmus pur, non accompagné de strabisme, qui le plus souvent est convergent, la fixation binoculaire s'exécute normalement, et le malade ne s'aperçoit guère des mouvements rythmiques dont les globes sont sans cesse agités. Le contraire n'arrive que dans le nystagmus acquis, celui des mineurs en particulier. Grâce à la persistance des impressions sur la rétine, un point brillant apparaît au sujet comme une ligne, une ellipse ou un cercle, ce qui ne manque pas de lui donner le vertige.
L'amplitude des oscillations est en raison inverse de leur nombre, qui ne dépasse guère 180 par minute. Généralement les mouvements anormaux de la face et du cou, lorsqu'ils existent, sont plus lents et n'offrent pas d'isochronisme avec ceux des globes.
En général, le nystagmus se traduit par des mouvements conjugués rapides dans le sens horizontal et on l'appelle oscillatoire; très exceptionnellement il consiste en saccades verticales (Javal). Le nystagmus rotatoire, où les yeux exécutent des mouvements autour de l'axe antéro-postérieur, est moins rare, et se combine à l'oscillatoire pour constituer la forme mixte. Le nystagmus oblique tenant le milieu entre le vertical et l'horizontal est une pure rareté.
D'ordinaire le nystagmus est binoculaire, horizontal et associé; seuls, 4 cas de nystagmus monoculaire horizontal ont été publiés par Bouchard1, Reuss2 et Rœhl m ann3. Comme particularité, ce nystagmus s'est montré intermittent et n'apparaissait que lors de la fixation avec l'œil défectueux.
On doit distinguer deux sortes de nystagmus : l 'un congénital, l'autre acquis ou expérimental.
Le premier se lie presque toujours à une défectuosité visuelle qui dépend de troubles évolutifs ou pathologiques du globe, tels que : cataracte du premier âge, particulièrement celle stratifiée et polaire ; microphtalmie, colobome de l'iris et de la choroïde, forte amétropic, albinisme et leucomes cornéens chez les nouveau-nés.
Le nystagmus acquis se subdivise en professionnel ou idiopathique. et en symptomatique de maladies des centres nerveux.
Celui professionnel est fréquent chez les mineurs. Signalé pour la première fois par Decondé1, il a fait depuis l'objet de nombreux travaux. Le type rotatoire à excursions peu étendues constitue la règle, et à part un certain degré d'héméralopie avec rétrécissement du champ