‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 331 sur 344 · Heryng, Soi-, fr. d'olal. el laryngol., p · texte numérisé non relu

Heryng, Soi-, fr. d'olal. el laryngol., p

SINUS CRANIO-FACIAUX.

Le diagnostic précis ne saurait être donné que par le cathétérisme suivi de lavages antiseptiques; la sortie brusque de paquets glaireux par le naso-pharynx est alors un signe excellent.

Pour le traitement, il nous semble prudent de ne pas procéder à des perforations et à des raclages. Le mieux est de répéter les lavages au sublimé et de saupoudrer la cavité avec de l'iodoforme ou du tannin. Des études cadavériques nous ont conduit à l'emploi d'une

Fig. 295. — Sonde pour le cathétérisme du sinus spliénoïdal.

sonde en acier légèrement courbée au bout. Se rappelant que l'orifice de communication occupe l'angle dièdre formé par la paroi antérieure

lrig. 296. — Cathétérisme du sinus spliénoïdal.

du sinus et le bec horizontal du sphénoïde, on suit une ligne inclinée de 45 degrés qui part de la racine de la sous-cloison pour aboutir au cornet de Bertin. Que le bec de l'instrument touche le sphénoïde audessus ou au-dessous de l'orifice, on ne risque pas de perforer la lame criblée, pourvu qu'on dirige la convexité en haut. Une fois le bouton au fond de l'angle dièdre, ce qu'on sent parfaitement, on

SINUS SPHENOIDAL. 487

tourne la concavité en dehors, et le manque de résistance indique que Ton est en plein dans le sinus.

L'ostéite syphilitique ou tuberculeuse du sinus est une complication commune et sa terminaison par méningite suppurée est à peu près fatale.

Une cécité subite, unilatérale ou bilatérale, résultant d'une névrite optique, a été observée par Hasner1, ReinhardtVBraun", Poetset trois fois par nous3. Dans notre dernier cas, L'individu, âgé de trente-neuf ans, était sujet à une rhinite chronique; à l'ophtalmoscope, il y avait double stase papillaire rappelant celle par tumeur du cerveau; aussi le diagnostic fut au début hésitant. Après quinze jours, mort par accidents méningitiques; à l'autopsie on se trouva en présence, d'une carie de la selle turcique devenue noire et infiltrée de pus, en même temps que les méninges de la base étaient le siège d'un épanchement purulent diffus.

La thrombo-phlébite du sinus caverneux et de la veine ophtalmique existait dans les observations de Blachez0 et Lloyd7.

Parfois tout se borne à l'expulsion de séquestres par le nez, témoin le fait de Baratoux8; une seule fois il y a eu hémorrhagie mortelle provenant du sinus caverneux (Schalz0).

Les fractures des parois du sinus, particulièrement lorsque la selle turcique est intéressée, sont presque toujours indirectes et accompagnent celles de la base du crâne. L'écoulement de sang par les fosses nasales, plus rarement de liquide céphalo-rachidien, en est la conséquence. Un anévrysme artério-veineux de la carotide résulte surtout d'une fracture directe par pénétration de corps étranger. L'amaurose à la suite d'atrophie optique et la paralysie concomitante d'autres nerfs crâniens, maxillaires supérieur et inférieur, ou nerfs moteurs de l'œil, tiennent à la propagation du trait de fracture dans les canaux respectifs.

Les tumeurs du sinus consistent surtout en polypes et en ostéomes : Lawson10 relate un chondrome congénital, AYicherkiewicz" un sarcome et Albert1- un carcinome.

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