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SOURCILS

Les sourcils forment deux arcades couvertes de poils plus fins que les cils et servent de ligne de démarcation entre les paupières et le front. Leur extrémité interne, large, constitue la tête; celle externe, généralement effilée, la queue. La saillie de l'arc varie suivant le degré de proéminence du sinus frontal. Chez certains sujets à développement pileux abondant, les tètes des sourcils se confondent sur la ligne médiane jusqu'à la glabelle, ce qui représente la synophridie. Un développement exagéré des poils vers la tempe donne à la physionomie une expression particulière de dureté.

Des glandes sébacées et sudoripares sont annexées au derme, qui est épais et sert d'insertion aux fibres verticales et descendantes de l'occipito-frontal, ainsi qu'à celles obliques ascendantes du sourcilier et de l'orbiculaire. Toutes s'entremêlent dans du tissu cellulo-graisseux sous-cutané abondant.

Le muscle sourcilier a la forme d'un cône, dont le sommet dirigé en bas se fixe sur les os propres du nez, près de la glabelle; sa base évasée en éventail croise les faisceaux du frontal, pour s'insérer à la face profonde de la peau.

Entre la couche musculaire du sourcil et le périoste, on trouve du tissu conjouctif lâche qui facilite les glissements. En cas d'hématome traumatique, de suppuration, ou d'emphysème par perforation du sinus frontal, c'est dans cette couche celluleuse que se produit l'infiltration et non sous la peau; il en est ainsi pour les paupières, qui presque toujours sont envahies.

Au point de vue des plaies contuses, il nous faut signaler le rôle de l'angle tranchant du rebord orbitaire, formé par l'apophyse externe du coronal. Des chutes ou des coups sur la queue du sourcil donnent lieu à des plaies qui simulent à s'y inéprendre celles produites par des instruments tranchants; c'est qu'alors l'agent de la section est, non le corps contondant, mais le bord de l'os.

Les vaisseaux sanguins de la région sourcilière viennent des artères et veines du même nom. La plupart communiquent avec le système de l'artère et de la veine ophtalmique; un petit nombre à l'extrémité externe du sourcil appartient aux artères et veines temporales superficielles.

Les lymphatiques se comportent comme ceux des paupières et

suivent les deux branches antérieure et postérieure de la veine faciale, pour de là se rendre aux ganglions correspondants.

Quant aux nerfs, ceux moteurs sont fournis par le facial; les sensitifs, par l'ophtalmique de Willis.

Au point de vue physiologique, nous avons suffisamment insisté sur la synergie des muscles du sourcil avec l'orbiculaire. Le faisceau ascendant de ce dernier muscle et le sourcilier sont des abaisseurs; au moment où ils entrent en action on voit se dessiner des plis descendants qui convergent vers la ligne médiane du nez. Lorsque l'occipitofrontal se contracte, le sourcil est attiré en haut et avec lui, bien que dans une faible mesure, la paupière supérieure. Ce muscle, antagoniste du sourcilier et jusqu'à un certain point de l'orbiculaire, dessine sur le front des plis cutanés arqués horizontaux.

Les poils des sourcils servent à ombrer l'œil, en même temps qu'ils empêchent la sueur de ruisseler jusque dans les yeux. Inutile d'ajouter qu'au point de vue plastique, la couleur, le degré de développement et la forme des sourcils contribuent puissamment à l'expression de la physionomie. Rien n'est plus disgracieux que Vanophridie congénitale ou acquise, et l'on sait combien les personnes coquettes s'attachent à y parer au moyen d'une prothèse savante ou de cosmétiques colorants. De même l'épilation, lorsque naturellement ils sont trop fournis, les fait apparaître rubanés.

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