‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 5 sur 344 · HeSsen et Vôlckers, Arch. f. Opht., t. XXIV · texte numérisé non relu

HeSsen et Vôlckers, Arch. f. Opht., t. XXIV

2. Kohler et Pick. Zeitschr. f. Ileilk., Prague, t. II, p. 501.

Parmi les expérimentateurs, les uns disent avoir provoqué du myosis, alors que d'autres ont obtenu un résultat négatif. Tout récemment, Spallitta1 et Consiglio, expérimentant sur les chiens et les lapins, sont arrivés aux conclusions suivantes : 1° La faradisation dans l'espace interpédonculaire ne provoque pas de resserrement notable de la pupille ; 2° l'excitation au delà du sinus caverneux, après l'anastomose de la branche ophtalmique de Willis et dès filets sympathiques, détermine constamment une vive contraction. Môme résultat après que la pupille a été rendue myotiquc par l'extirpation du glanglion cervical supérieur, ce qui les porte à admettre que cette propriété d'emprunt revient à l'anastamose de l'oculo-moteur avec la branche ophtalmique de Willis dans le sinus caverneux. Ils expliquent ce fait en attribuant à cette branche de la cinquième paire une action vasodilatatrice analogue à celle des nerfs érecleurs d'Echkard2 pour les corps caverneux; cela d'autant mieux que, d'après ce dernier auteur, il y aurait dans les racines du trijumeau du lapin des fibres centrifuges, dont l'excitation détermine le myosis; ils ajoutent que si la section de la cinquième paire s'accompagne également de resserrement de la pupille, c'est qu'il y a alors vaso-paralysie. Avant d'admettre cette double action du nerf sensitif sur les vaisseaux de l'iris, il faudrait voir ce qui se passe lorsque l'animal a été rendu préalablement exsangue.

Pour compléter ce qui a trait aux mouvements de la pupille, nous citerons encore le travail de Langlcy et Anderson3, dont voici les conclusions :

La contraction des vaisseaux n'est pour rien dans la dilatation active de la pupille sous l'excitation du sympathique cervical, attendu que cette dilatation précède le resserrement vasculaire.

L'excitation d'un secteur de l'iris par la voie des nerfs ciliaires derrière le globe produit une dilatation locale de la pupille et la contraction du secteur opposé. Cela prouve l'existence de fibres radiées contractiles, puisque, sous une môme influence, le sphincter se contracte; d'où il y a lieu de conclure à l'absence d'inhibition.

En séparant un secteur, on voit qu'il se raccourcit par la stimulation du sympathique, preuve que la dilatation ne dépend pas de fibres élastiques radiées.

La mydriase partielle consécutive à l'excitation du sympathique n'entraine pas de diminution de la tonicité du sphincler, ce qui est encore contraire à l'idée de l'inhibition.

Les auteurs reconnaissent que la preuve anatomique d'un muscle

' 1. Spallitta et Consiglio, Arch. di Qllalm., I, p. 18, Païenne, 1893. 2. Eciikap.d, Centralb. f.Physiol., YI, 1892. 5. Langleï et âsdeusos, Journ. of Physiology, 111, ir 6. 1892.

lk ANATOMIE DE L'APPAREIL MOTEUR DU GLOBE.

dilatateur n'est pas encore donnée et se réservent d'étudier cette question.

En terminant leur travail, ils citent Morat et Doyon1 qui, après section de la cinquième paire dans le crâne chez le lapin et excitation du sympathique au cou, produisirent le resserrement des vaisseaux de la conjonctive et de la sclérotique, sans dilatation notable de la pupille et sans changement de la circulation rétinienne.

Un fait anatomique de la plus haute importance concerne la racine anastomotique que reçoit l'oculo-moteur du noyau d'origine de la sixième paire du côté opposé. Soupçonnée par Foville, cette anastomose a été définitivement démontrée par Mathias Duval, Laborde et Graux2. D'un autre côté, des observations cliniques relatives à des déviations conjuguées tant spastiques que paralytiques sont venues en prouver l'existence.

Parti du pédoncule, le tronc de l'oculo-moteur côtoie les artères cérébrales postérieures et cérébelleuses supérieures, et se porte en avant et en dehors vers le sommet du rocher. De là, il traverse le sinus caverneux, en dehors de l'artère carotide interne, et pénètre dans l'orbite par la fente sphénoïdale à travers la bifurcation du tendon du muscle droit externe. Il fournit alors une branche supérieure commune au droit supérieur et au releveur de la paupière, et une inférieure qui se subdivise en trois filets se distribuant aux muscles droit interne, droit inférieur et petit oblique. Le rameau de ce dernier muscle, après avoir donné la racine motrice du ganglion ophtalmique, suit le bord externe du droit inférieur dont il occupe la gaine, et aborde le petit oblique dirigé en travers.

Le nerf pathétique, long et grêle, anime exclusivement le grand oblique. Ses racines, au nombre de 5 à 6, traversent le pédoncule cérébelleux supérieur, puis la valvule de Vieussens, où elles s'entrecroisent avec les fibres radiculaires du pathétique du côté opposé. Elles contournent alors l'aqueduc de Sylvius et aboutissent finalement à leur noyau d'origine. Ce noyau gris est immédiatement contigu à celui de l'oculo-moteur qui lui est antérieur; comme ce dernier, il recevrait, d'après Mathias Duval, des fibres anastomotiques du noyau de la sixième paire par l'intermédiaire des bandelettes longitudinales postérieures.

A partir de son origine apparente, le pathétique décrit une anse, traverse le repli de la dure-mère qui s'étend du sommet du rocher à l'apophyse clinoïde postérieure et parcourt la paroi externe du

1. Doyon et JIouat, Arch. de physiol. norm. et path., p. CO, 1892.

2. Gaz. des hôpitaux, p. 142, 1877, et Journal d'anal, et de physiologie, 1S80.

sinus caverneux. De là. il pénètre dans l'orbite par la partie interne de la fente sphénoïdale et s'épuise dans le corps charnu du grand oblique.

Le moteur oculaire externe ou sixième paire crânienne émerge du bord externe des pyramides antérieures au niveau du sillon de séparation de la protubérance. Ses racines se portent vers le plancher du quatrième ventricule pour atteindre leur noyau d'origine situé sur les côtés du sillon médian, en arrière de celui du trijumeau. Les plus internes d'entre elles, après s'être entre-croisées sur la ligne médiane, se prolongent vers le noyau de l'oculo-inoteur et du pathétique du côté opposé; ainsi s'explique la double innervation des muscles droits internes.

Dans son trajet basilaire, ce nerf contourne d'une façon intime le sommet du rocher, placé qu'il est entre le périoste et le sinus pétreux supérieur. Dans un mémoire paru en 1880 dans les Archives d'ophtalmologie, nous avons fait ressortir l'importance de ce rapport au point de vue de la fréquence de la paralysie de ce nerf lors de fracture de la base du crâne.

Parvenu dans le sinus caverneux, le moteur oculaire externe se place en dehors et en bas de la carotide interne, puis aborde l'orbite en passant entre la double insertion du droit externe. Il pénètre dans le muscle par sa face profonde, et exceptionnellement il fournil la racine motrice du ganglion ophtalmique.

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