‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 55 sur 344 · Corvoz, Ann. d'ocul., t. XXVII, p · texte numérisé non relu

Corvoz, Ann. d'ocul., t. XXVII, p

d'invoquer des lésions glandulo-cutanées du tarse cl plus rarement une sorte de névrose spontanée ou traumatique.

Dans la variété essentielle, le bord palpéhral conserve son épaisseur et sa l'orme régulièrement découpée, ce qui la dislingue de celle par inflammation chronique.

La direction, le nombre et le mode d'implantation des cils s'écartent très souvent de l'état normal, soit par anomalie congénitale, ce qui est rare, soit à la suite de divers états pathologiques du bord libre, tels que : blépharilc ciliaire, cicatrices, brûlures et conjonctivite granuleuse. La déviation des cils du côté de la cornée constitue le t7,ichiasis. Souvent alors ils s'atrophient, se fendillent et deviennent cassants, en même temps que leur racine se gonfle et s'épaissit.

11 ne faut pas confondre le simple trichiasis, qui est rare, avec l'enroulement de la paupière tout entière en dedans ou entropion.

Lorsque l'affection nïnléresse que les rangées postérieures des cils, on dit qu'il y a distichiasis ou tristichiasis, suivant que l'on compte deux ou trois rangs mal dirigés. Le malade se plaint d'éprouver la sensation de gravier dans l'œil, à quoi s'ajoutent le larmoiement, l'irritation, puis l'inflammation de la conjonctive et de la cornée, qui s'ulcère ou devient le siège de pannus. Pour ne pas se tromper sur la vraie cause des accidents, il faut se rappeler que les cils déviés s'atrophient parfois, se décolorent et deviennent lanugineux, sans compter que souvent il s'agit de trichiasis caronculaire.En pareils cas, l'usage de la loupe est indispensable et permet d'établir le diagnostic.

Le traitement du trichiasis se confondant avec celui de l'entropion, il en sera question à propos de ce dernier.

Comme toutes les autres parties du système pileux, les cils sont sujets aux affections trichopbytiques, au favus en particulier, dont les spores pénètrent dans le follicule et en altèrent le bulbe, d'où chute prématurée du cil et production de croûtes jaunes recouvrant le bord palpébral dans sa totalité.

La phtyriase est encore plus commune et réside dans la présence de pediculi pubis autour des racines. Vacants s'y rencontre aussi, mais moins fréquemment. Outre la démangeaison qui porte le malade à se frotter continuellement les paupières, il y a desquamation furfuràcée de l'épiderme et de nombreux corpuscules grisâtres jouissant de mouvements propres. L'existence de lésions analogues dans d'autres parties du corps et l'examen au microscope du parasite ne laissent aucun doute sur la nature de l'affection.

Le traitement à opposer est celui de la gale; contre les pediculi pubis, l'onguent napolitain dont on enduit les paupières et les sourcils en y combinant, s'il le faut, l'épilation préalable, constitue le meilleur moyen.

Les bords palpébraux deviennent assez souvent le siège de kystes transparents. Leur volume varie de celui de la tète d'une épingle à

sa

Fig 187. — Kyste séreux occupant le bord libre de la paupière inférieure. — Examen hislologique fait par notre chef de laboratoire, Desfosses.

Sur la coupe on voit trois poches distinctes A, B. C, séparées par de minces cloisons. — d, épithélium du bord libre de la paupière, aminci et dépourvu de papilles. — e, libres de l'orbiculaire et du muscle de Riolan. — /', /', follicules pileux. — y, épithélium du kyste.

celui d'un petit pois. De Wecker en cite un cas où la poche atteignait

la grosseur d'une fève et était située au-dessus du ligament palpébral interne, par conséquent en plein tissu dermique. Pujot1 en rapporte un autre exemple où la tumeur faisait saillie sous la conjonctive tarsienne et mesurait 16 millimètres de long sur 6 de haut. Nous avons toujours rencon-

Fig. 188. — Cette figure représente une cloi- tré ces productions chez des person séparant deux des kystes qni forment S0nnes d'âge moyen OU des vieil-

la tumeur" lards, sans qu'il soit possible d'en

a, épithélium constitué par une seule rangée de J „__,„„ i„ „„;,,„„ n, u

cellules cubiques légèrement granuleuses et d°nnC1 « «USOn. On en observe

présentant un noyau ovoïde. — h, coupe des UÏX, deUX, plus rarement trois, le

cellules allongées sous-iacentes caractéristi- i„„„ ]„ i~ n a e i t

ques de toute glande sudoripare. Ioil8 tl( Ia leVrG Cutanée dit tarSC,

sans déterminer la moindre gêne ; aussi les malades ne se décident à se les faire enlever que sur les sollicitations de l'opérateur ou par un sentiment de coquetterie.

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