Fortuniades, Thèse de Paris
Le traitement réside dans l'administration des mercuriaux, principalement sons forme de frictions et d'injections hypodermiques; plus tard on emploiera l'iodure de potassium. Localement, on applique l'iodoforme ou le calomel en poudre ou en pommade, en usant au préalable de lavages antiseptiques non irritants.
Les manifestations secondaires, particulièrement la roséole et les plaques muqueuse, se reconnaissent grâce à la coexistence de lésions analogues sur d'autres parties du corps, les lèvres, les organes génitaux, l'anus et le tronc. La conjonctive, enflammée et sécrétante donne à ces éruptions un caractère spécial surtout chez les nouveau-nés, dont la cornée s'ulcère et se perfore parfois.
Comme accidents syphilitiques tardifs, on ne saurait signaler que les gommes, qui exposent à des méprises d'autant plus fréquentes que leur apparition se fait à une époque où les accidents précoces ont déjà évolué et où les commémoratifs remontent loin.
Le siège de prédilection des gommes est le tarse, qui s'indure sur un ou plusieurs points; la partie correspondante de la conjonctive devient d'un rouge violacé. Plus tard, les éléments lymphoïdes du foyer gommeux se nécrosent, subissent l'altération colloïde et graisseuse, d'où il s'ensuit un ulcère cratériforme pouvant simuler une néoplasie maligne. 11 s'en distingue toutefois par sa tendance à la cicatrisation, et, en cas de doute, l'influence heureuse du traitement spécifique par le mercure et l'iodure de potassium achève d'éclairer le diagnostic. Dans les cas méconnus ou mal traités, nous avons vu survenir des ectropions doubles et la perte du globe. Une autoplastie faite à temps pare à de pareils désastres.
Sous le nom de bouton d'Alep, on décrit une éruption furonculeuse de la paupière qui s'observe épidémiquement dans les pays chauds, Alep, Biskra, Bagdad, etc. Comme le lupus, il a pour origine probable un microbe. Toujours est-il que. les paupières en sont le terrain de prédilection, et, d'après Yillemin1, on le rencontrerait principalement chez les enfants en bas âge. Le traitement à instituer est celui du furoncle, sauf qu'il faut insister sur une antisepsie locale par le phénol, riodoforme et l'onguent napolitain. De môme, on doit relever les forces du malade, vu que, d'après Godard2, l'anémie et un état dystrophique y prédisposent.
Le lupus des paupières n'est généralement qu'une extension de celui du nez et de la joue. Livré à lui-même, il aboutit à une destruction complète, qu'on prévient en détergeant l'ulcère par le raclage au bistouri ou à la curette tranchante, pour y appliquer de la poudre d'iodo-