Weiss, Klin. M. fi., 1891, p
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contraire il est vivement enflammé, les résolutifs, cataplasmes d'amidon arrosés d'eau blanche, diminuent les phénomènes réactionnels, et la guérison survient spontanément ou après ouverture par le bistouri .
En présence de chalazions rebelles, l'extirpation est seule à conseiller. Même conduite à tenir dans ceux spontanément ouverts et devenus polypoïdes.
L'opération se fait par la peau ou en incisant la conjonctive en arrière. On choisit l'une ou l'autre voie, suivant que la tumeur proémine plus dans un sens que dans l'autre. A tout prendre, l'incision cutanée a l'avantage d'agir directement à ciel ouvert et sans renversement préalable de la paupière. De plus, on circonscrit mieux la base du chalazion, et consécutivement le pus s'il y en a et l'hémorrhagie post-opératoire trouvent un libre écoulement au dehors, au lieu de s'accumuler dans le cul-de-sac conjonctival. L'objection d'une cicatrice apparente n'est pas sérieuse, attendu que si l'on se borne à une simple incision horizontale parallèle au bord libre, la réunion ne laisse rien à désirer et n'exige aucune suture, les fibres de l'orbiculaire en faisant l'office. Par contre, l'ouverture par la conjonctive peut être suivie d'un trichiasis partiel, ainsi que nous en avons vu des exemples.
Depuis Desmarres etSncllen, on emploie couramment des pinces à plaque et à anneau dans le but de fixer la paupière et d'obtenir l'hémostase. Nous leur reprochons d'être d'une application fort douloureuse, de gonfler les tissus au point de rendre le chalazion difficile à sentir sous le doigt, et de restreindre le champ opératoire. Pour toutes ces raisons, nous les avons abandonnées et leur préférons la plaque de corne placée dans le cul-de-sac et confiée à un aide. Une pression exercée par celui-ci d'arrière en avant suffit à tendre la paupière et à s'opposer à toute perte de sang. Dix gouttes d'une solution à 4 ou 5 pour 100 de chlorhydrate de cocaïne en injection hypodermique ou
en application directe, anesthésient suffisamment la région.
Une fois le chalazion mis à découvert, on le charge sur le crochet et, après dissection au bistouri, on excise le pédicule avec des ciseaux courbes. Si la Fig. 105. - Curette à chalazion. masse est par trop volumi-
neuse, on en retranche la majeure partie, et l'on évide le reste au moyen de la petite curette tranchante. Nous avons abandonné les caustiques et surtout le crayon de nitrate d'argent, dont on usait autrefois, à cause de l'inflammation suppurative qu'il provoque, sans le moindre avantage.
Fig. 194. — Crochet à chalazion.
L'opération terminée, on lave la plaie antiseptiquemenl et L'on applique un bandage avec des rondelles de gaze et de colon.
Au bout de 24 heures, les bords de la plaie sont accolés et la cicatrisation s'achève, sans autres soins que des lavages de la paupière à l'acide borique et le graissage de la petite cicatrice linéaire avec de la vaseline boriquée.
V inflammation du tissu propre du tarse ou tarsite est rarement primitive. Le plus souvent elle succède à laphlcgmasie des glandes de Meibomius et surtout de la conjonctive. Comme cause fréquente nous citerons la conjonctivite granuleuse, puis les ulcérations, les brûlures et les plaies de la muqueuse et de la peau. Le tissu tarsien inflammé se vascularise, prolifère, se ramollit et finalement se rétracte en s'enroulant sur lui-même. Suivant que cet enroulement s'opère en arrière ou en avant, il donne lieu à l'entropion cicatriciel dans le premier cas, et à l'ectropion de même ordre dans le second. Du tissu de cicatrice plus ou moins chargé d'éléments graisseux se substitue, d'où la couleur jaune sale du tarse recroquevillé et épaissi. Des ulcérations ou des gommes syphilitiques des paupières restées sans traitement provoquent les mêmes déformations avec leurs conséquences.
Une autre altération assez fréquente est la dégénérescence amyloïde. Vogel1 en a cité la première observation proliante, à laquelle sont venues s'ajouter plusieurs autres. Ce qui domine, c'est l'épaississement très accentué du tarse et de la conjonctive devenue tomenteuse, rouge jaunâtre et parfois ulcérée à la surface.
Cette affection a une marche fort lente, et à l'examen histologique on trouve une masse granulomateuse qui entoure le tarse et l'infiltré sur plusieurs points ; il s'y ajoute la sclérose des vaisseaux et des masses d'aspect hyalin. Les parties altérées se colorent parfois en bleu violet par le mélange d'acide sulfuriquc et d'iodure de potassium, preuve qu'il s'agit d'une substance amyloïde. Dans la tuberculose de la conjonctive le tarse s'altère d'une façon analogue, état qu'il faut se garder de confondre cliniquement avec le précédent.
Ici comme ailleurs, les troubles fonctionnels des muscles se traduisent par deux états opposés, le spasme ou la paralysie.