‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 67 sur 344 · Sichel, Ami. d'ocul., XII, p · texte numérisé non relu

Sichel, Ami. d'ocul., XII, p

Outre l'impossibilité du soulèvement volontaire, le ptosis entraine l'effacement au moins partiel des plis naturels de la peau palpébrale, et presque toujours s'accompagne de la paralysie des autres muscles innervés par la troisième paire. Celui isolé est rare et tient à une lésion ordinairement périphérique; très fréquemment on l'observe dans le tabès, où il se caractérise par des rémissions fréquentes qui servent à le différencier du ptosis syphilitique. Pour nous, le froid et le rhumatisme, ainsi que nous l'avons fait observer à propos de la lagopbtalmie, ont une influence très contestable. Fuclis1 décrit un ptosis sénile double dû à l'atrophie lente et progressive de l'élévateur, sans que rien permette de rattacher l'affection à une paralysie périphérique ou nucléaire. Comme dans les cinq observations qu'il relate l'auteur n'a pu faire des examens histologiques complets, la nature de cette atrophie reste en suspens.

Une fois le ptosis devenu permanent, il en résulte une gêne continuelle, surtout si la paralysie est bilatérale et complète. Le sujet s'efforce sans cesse de soulever les paupières en contractant les muscles frontaux, et il marche la tête renversée en arrière pour ramener dans l'horizontalité ses lignes de regard. Malgré ces artifices, il lui est impossible de se diriger sans danger dans la rue ; aussi réclame-t-il une opération. Là où le ptosis devient profitable, c'est lorsqu'il accompagne la paralysie unilatérale de l'oculo-moteur ; grâce à l'exclusion de l'œil, l'individu se trouve à l'abri de la diplopie.

Les moyens chirurgicaux dont nous disposons sont palliatifs ou curatifs.

Les premiers consistent dans l'emploi de collodion, de bandelettes agglutinatives , de sutures au fil d'argent comprenant un pli transversal de la paupière, ou de pinces fixatrices, dont la plus simple est celle en forme de serre- fine, à Fig. 107. — pinces à ptosis.

branches larges et courbes.

Tous remplissent incomplètement le but et ne sauraient satisfaire les malades.

En face de ces difficultés, les chirurgiens ont tenté de nombreuses opérations. Sans en faire l'historique, nous dirons que de Grsefe2 a le premier frayé la voie. Pour lui. la réussite dépendait de l'excision d'une portion plus ou moins grande du muscle antagoniste, l'orbiculaire ; après quoi, il fallait réunir peau et muscle par la suture.

On a proposé depuis, comme dans le strabisme paralytique, l'avaii-

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