‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 7 sur 344 · Esjmert, Ange u. Schàdel, Bern · texte numérisé non relu

Esjmert, Ange u. Schàdel, Bern

G. Ulrich, Klin. Mb., 1884.

laire chez les strabiques, arrive à conclure : que la neutralisation des images rétiniennes croit avec l'âge, que l'acuité visuelle varie pour une seule et même catégorie de strabisme, et qu'une amblyopie prononcée est exceptionnelle. De son côté Scholer1, sur 57 sujets examinés au stéréoscope, en a trouvé 22 fusionnant avec sensation nette du relief, 50 qui fusionnaient mais n'avaient pas la notion du relief, et 5 privés de vision binoculaire.

Disons que chez la plupart des strabiques on arrive au fusionnement des deux images complémentaires, en donnant à celles-ci un écartement en rapport avec la direction des lignes de regard. Si l'on a recours au stéréoscope de Wheatstone, il suffit de rapprocher les images dans le strabisme convergent et de les éloigner dans celui divergent.

Une particularité que l'on constate parfois après le redressement opératoire, est la perception de deux images, l'une correspondant à la fovea, l'autre au point de la rétine qui en faisait jusque-là l'office. Suivant que le fusionnement de celle de l'œil correct s'opère avec l'une d'elles ou pas du tout, l'individu accusera de la diplopie et exceptionnellement de la triplopie, exemple les cas cités par de Graefe, Javal et Nagel.

Comme il y a des strabismes allant de 5° à 65°, et que les indications opératoires varient d'après cela, force nous est de mesurer soigneusement le champ de fixation au moyen du périmètre. Grâce à ce mode d'exploration, on s'assure que dans le strabisme récent, périodique ou peu prononcé, les limites restent normales, alors que dans celui prononcé et fixe on les trouve plus ou moins réduites dans le sens opposé à la déviation. Dans les cas de parésie peu accentuée, l'exploration du champ de fixation binoculaire permet de découvrir le moindre rétrécissement périphérique. D'autres particularités à signaler sont celles concernant l'élévation et l'abaissement du plan de regard. La première de ces attitudes accentue la divergence, pendant que la seconde renforce la convergence. Alfred Grœfe, dans le strabisme prononcé et fixe compliqué d'amblyopie, a trouvé une différence de 20° au lieu de 11°, chiffre ordinaire. Le même auteur insiste sur la fréquence d'une attitude oblique particulière de la face qui rend l'œil strabique plus antérieur que son congénère, en même temps que la tête s'infléchit légèrement du côté opposé; cela se rencontre surtout lorsque l'œil dévié est seul employé à la fixation. Par cette attitude, l'adduction anormale décroit, grâce à l'association du muscle droit externe de l'œil strabique avec le droit interne de celui correct. De la sorte, dans le strabisme convergent, les deux muscles se trouvent à la fois allégés.

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