Des.mariies, Traité des mal. des yeux, t I, p
ENTROPION. 151
Vacca Berlinghicri ' eut l'idée de mettre à nu après dissection les follicules des cils et de les exciser en entier; d'autres se sont proposés de les détruire en les cautérisant ou en les traitant par l'électrolyse.
De notre temps Cuscos,Galezowski3, Boucher4, Scellingo3 et Terrier0 affirment avoir obtenu des succès par le thermocautère. A l'exception de Vieusse qui pratique deux à trois raies perpendiculaires au bord libre, tous procèdent horizontalement, comme le voulait Abulcasis.
Gaillard de Poitiers7 préféra s'adresser à une autre méthode, celle des sutures verticales coupantes au nombre de deux, en vue d'obtenir autant de lignes cicatricielles. Raus y ajouta une troisième médiane. Pagensteeher9, combinant la canlhoplastie de v. Ammon à la suture de Gaillard, lit un procédé mixte qui jouit encore d'une certaine faveur, bien qu'on doive lui reprocher de créer des plis difformes indélébiles, et de manquer souvent le but.
On est d'autant plus étonné de la vogue éphémère des moyens qui précèdent, que déjà Aetius avait posé les bases de la seule opération efficace, appelée depuis transplantation du sol ciliaire.
L'auteur antique divisait le bord libre en deux feuillets : l'un antérieur comprenant la peau, les cils et leur racine, l'autre postérieur formé exclusivement du tarse. Cela fait, il excisait sur la face antérieure de la paupière un lambeau cutané, et les cil* se trouvaient ainsi remontés et ne gênaient plus l'oeil. Ce procédé fut oublié, puisqu'en 1845 on le voit apparaître, sous les noms d'Arlt-Jaesche"3, qui eurent le mérite de le rendre classique. Son côté toujours défectueux est le manque de point d'appui fixe pour le lambeau transplanté, et le fait plus grave que l'on néglige de redresser le tarse, agent principal de l'entropion.
La modification apportée par Anagnostakis remédie à la première imperfection, mais non à la seconde.
Le professeur d'Athènes, après avoir incisé horizontalement les parties molles de façon à mettre le tarse à nu, dissèque de haut en bas le lambeau musculo-cutané contenant les bulbes des cils, sans le détacher du bord libre. Mettant alors à découvert le bord adhérent du tarse, il fixe le lambeau ciliaire à celui-ci. Pour cela, l'un des bouts