‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 78 sur 344 · ENTR0P10N · texte numérisé non relu

ENTR0P10N

saut partie de la plaque, esl enfoncé près du bord libre du larse, et sert à développer la paupière verticalement. On pratique alors à o millimètres au-dessus de la ligne des cils une incision horizontale s'étendant de la commissure externe au point lacrymal correspondant. La section intéresse la peau et le muscle orbiculaire, et met à nu la face antérieure du tarse fortement recroquevillé et souvent épaissi.

Prenant avec la main gauche une pince à dents de souris, on saisit le lambeau ciliaire qu'on dissèque au bistouri sous l'orbiculaire, jusqu'à ce qu'on aperçoive nettement les racines des cils, reconnaissablés par leur couleur. Il faut se garder d'aller plus loin pour ne pas dédoubler le bord libre, comme dans l'opération de Jaeschc-Arll.

On dissèque de même la lèvre supérieure de l'incision jusqu'à mettre à découvert le bord adhérent du tarse et le ligament suspenseur ou aponévrose orbito-larsale. Un crochet sert à attirer en haut la peau avec l'orbiculaire et facilite le placement des fils.

Si le tarse est peu incurvé et suffisamment souple, on le res- ' pecte. Le plus ordinairement il | est rabougri, et avant d'appliquer les sutures on le fend horizontalement au bistouri dans toute son épaisseur y compris la conjonctive, et d'une extrémité à l'autre; une section moindre n'est admissible que si l'enroulement est partiel. La boutonnière doit être perpendiculaire aux deux faces du tarse, notre but étant de faire basculer les deux moitiés sur place et non de produire le chevauchement de l'inférieure sur la supérieure, comme dans le procédé de Hotz.

La disposition des sutures esl la suivante : on commence par harponner avec la première aiguille le ligament suspenseur et le tarse à leur partie moyenne: l'aiguille semi-courbe est glissée sous le petit lambeau musculocutané inférieur et sort au bord libre, immédiatement derrière la

Fis. 202.

rangée des cils. Quatre autres points de suture sont placés de même, deux à droite et deux à gauche.

En tirant sur les deux bouts de chaque fil, on fait remonter le petit lambeau cutané et avec lui le bord eiliaire, qui s'ectropionnc

légèrement; il ne reste plus alors qu'à nouer. La lèvre supérieure de l'incision cutanée laissée libre se coapte d'elle-même à l'inférieure suturée au tarse.

Au lieu de couper les fils au ras des nœuds, nous disposons les bouts parallèlement pour les fixer sur le front avec du collodion (fig. 205).

L'opération terminée, on applique un bandage occlusif formé de gaze saloléc et d'ouate st'che, le tout maintenu en place par quelques tours de bande.

Si l'entfdpion et le trichiasis occupent les deux yeux, on répète séance tenante l'opération de l'autre côté.

L'iiémorrhagie, pour quiconque sait se servir de la plaque de corne, est absolument insignifiante et jamais nous n'avons été obligé de recourir à la ligature. Seul llolz1 signale un cas où à la suite de la blessure de l'artère principale, il survint un petit anévrysme traumalique sous-conjonctival. Au bout de trois à quatre jours, on enlève les sutures et l'on protège l'œil par un simple bandeau noir flottant.

La cicatrisation primitive s'achève à la fin du premier septénaire. Les cils et le bord libre, d'abord légèrement éversés, reprennent leur place normale et il ne persiste plus tard la moindre cicatrice apparente. Quant au résultat définitif constaté plusieurs années après, il est absolument parfait.

Ce qui démontre la supériorité de ce procédé, c'est qu'il réussit là où ceux de Pagenstecher et de Arlt-Jaesche, employés sur le même individu, ont échoué; maintes fois le fait s'est présenté à nous, et il vient de recevoir une confirmation autorisée dans le service de Fuchs. L. Mùller2 y apporte, il est vrai, une petite modification qui consiste à nouer les fils non au bord supérieur du tarse, mais au niveau

Page 1