‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 96 sur 344 · De Wecker, Ann. d'ociil.. 1872, p · texte numérisé non relu

De Wecker, Ann. d'ociil.. 1872, p

nous collons les bords à une certaine distance avec du collodion élastique. Ce qui nous a conduit à cette pratique, c'est le fait que partout où le lambeau est comprimé contre les saillies osseuses du rebord orbitaire, son épidémie se soulève sous forme de phlyctène, ce qui résulte de la nécrose superficielle du derme.

Le second pansement est maintenu en place cinq à six jours, et au bout de ce temps, la reprise du lambeau étant assurée, on enlève les fils. Ce n'est pas à dire qu'on ne puisse avoir çà et là des mécomptes, mais, en se conformant aux règles que nous venons de tracer, la réunion immédiate est la règle.

La question est tout autre au point de vue de l'avenir. Comme beaucoup d'opérateurs nous avons eu le regret de constater que de pareils lambeaux, bien que vivants et vascularisés, subissent peu à peu une résorption molléculaire profonde qui au bout d'un an ou deux les réduit au simple chorion et à la couche épidermique. Une seule fois nous avons eu l'occasion d'examiner hislologiquement le lambeau trois mois après son implantation. Il s'agissait d'un épileptique qui mourut brusquement dans un accès. Nous avons pu nous convaincre que la peau transplantée, lisse et comme vernissée, était partout adhérente au tissu cellulaire sous-cutané. Le derme, très réduit d'épaisseur, manquait de papilles, bien que l'épiderme conservât sa constitution habituelle. La vascularité du lambeau était relativement pauvre, et nulle part il n'y avait de nerfs.

C. Garré1, s'étant occupé de la résorption fréquente de la greffe Ollier-Thiersch, a trouvé, quatre à cinq mois après, tous les vaisseaux préformés de la peau du lambeau en dégénérescence hyaline, pendant que des capillaires nouveaux venus des bords d'alentour et disposés en anse pénétraient dans le derme, s'y entouraient de cellules rondes et de plasma, pour former des bourgeons charnus allant se confondre avec ceux du fond de la surface cruentée. Les anses vasculaires nouvelles s'avancent bien jusqu'aux papilles, mais elles sont rares et ne forment pas des anastomoses régulières, comme sur la peau saine.

De ces faits Garré conclut, non sans raison, que la partie utile de la greffe se réduit aux couches profondes de l'épiderme qui nivellent les anfractuosités de la surface saignante ; tandis que la couche dermique intermédiaire y contribue à peine, se laisse résorber et est remplacée par du tissu conjonctif nouveau. Dès lors, la présence d'une couche dermique épaisse, condamnée à disparaître, ne fait que retarder la réunion du chorion muqueux de Malpighi avec la couche nourricière de nouvelle formation, et ne saurait être d'aucune utilité. Plus les

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