Noël, Arch. d'ophtalmologie, XIII, 1803, p
groupes de cellules enchatonnées et devenues hyalines, d'où formation de creux simulant des ulcères à fond grisâtre.
KÉRATITE INTERSTITIELLE OU PARENCH YMATEUSE
Ainsi que son nom l'indique, cette kératite s'attaque directement au stroma de la cornée, où elle évolue sous deux formes : l'une circonscrite, l'autre diffuse.
A. — KÉRATITE INSTERSTITIELLE CIRCONSCRITE
Dans cette variété, l'infiltration de couleur grise se dispose en plaques arrondies reliées entre elles par des travées linéaires anastomotiques.
L'éclairage oblique démontre que le siège des nébulosités est profond. Il n'est pas rare de rencontrer l'épithélium correspondant finement desquamé ; d'où l'aspect mat de la partie malade.
L'opacification, très prononcée au centre, décroit insensiblement vers la périphérie du foyer, qui débute par le milieu de la cornée ou par les bords, principalement le supérieur et l'inférieur.
Bientôt il s'y joint une injection épisclérale fine qui envahit de proche en proche la totalité de la tache. Après une durée généralement longue, la vascularité anormale se dissipe en sens inverse, et la partie opaque s'éclaircit.
Ce travail de résorption est loin d'être toujours complet, et il n'est pas rare de voir subsister un foyer sclérosique, particulièrement dans les cas où la kératite interstitielle se localise au limbe.
La photophobie est peu prononcée, alors que les douleurs ciliaires sont généralement vives. Cela tient à la participation très fréquente de l'iris et de la sclérotique, lorsque la lésion occupe la périphérie.
Cette kératite s'observe entre quarante et cinquante ans, surtout chez la femme à l'époque de la ménopause. Pour ce qui est des diathèses, la part qui revient à l'arthritisme ne fait pas de doute.
Quant à la syphilis, elle se manifeste sous trois types :
Le premier, où la lésion nettement parenchymateuse est limitée à la périphérie de la cornée, se présente sous la forme d'un triangle à sommet central et, d'après Alexander1, se complique toujours d'iritis maligne.