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Vossics, Berlin. Klin. Wochenschrift

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2i2 MALADIES DE LA CORNEE.

C'est également à cette période que l'on voit apparaître sur le limbe de lins réseaux vasculaires profonds à mailles serrées qui de proche en proche s'étendent vers le centre. Ils occupent de préférence le méridien vertical pour envahir la totalité de la cornée.

Comme ce travail s'effectue avec lenteur, il arrive que la première portion atteinte s'éclaircit, alors que les parties centrales restent encore opaques.

D'une façon générale, plus la vascularité est intense, plus l'on doit compter sur une résorption prompte et complète. Il faut toutefois se rappeler qu'il subsiste des anses vasculaires seulement visibles à la loupe, ainsi que Nettlcship ' et Hirschberg2 en ont fait la remarque.

Lorsque la vascularisation tarde à s'établir et que l'opalescence s'accentue, on doit craindre la sclérose du tissu.

Limitée à un seul œil, l'affection finit par attaquer le second, avec cette particularité qu'elle varie souvent de gravité d'un côté à l'autre.

Les récidives sont toujours à redouter, surtout lorsque, après une première poussée, la cornée reste partiellement opaque.

L'iritis et la choroïdite à marche subaiguë constituent les principales complications.

Parmi les troubles fonctionnels, la photophobie et le larmoiement tiennent la première place. La douleur est modérée, sauf dans les cas où le tractus uvéal participe à la maladie. Des exacerbations périodiques et souvent nocturnes sont alors communes.

A de rares exceptions près, la kératite parenchymateuse diffuse est une affection de l'enfance et de l'adolescence. Si l'on compulse les nombreuses statistiques, on arrive à reconnaître que, de dix à vingt ans, il y a un tiers de plus que pour la période comprise entre la naissance et dix ans. De cinq à quinze ans on trouve le maximum de fréquence, les filles y étant deux fois plus sujettes que les garçons.

Les malades présentent un faciès caractéristique. La peau du visage est pâle, terreuse, sillonnée de rides qui occupent surtout les lèvres, le menton et le pourtour des narines. Le derme ainsi que le tissu cellulaire sous-cutané semblent boursouflés, ce qui donne au visage l'aspect quelque peu éléphantiasique.

Barlow5 insiste sur l'alopécie qu'il considère comme un symptôme caractéristique, et Hutchinson4 sur les ulcérations du bord libre des. paupières.

Les dents, organes d'origine ectodennique, prennent part aux trou-

1. Nettlesiiip, Student's guide, London, 1887. '2. Hirschberg, Centralblalt f. OphthaL, 1888. 3. Barlow, The Lancct, n° 8.

i. HnTciiiNsox, Ophl. H. H., II, p. 258.

KÉRATITE INTERSTITIELLE OU PARENCHYMATEUSE. 243

blés nutritifs du tégument externe, ainsi que Ilutcliinson1 l'a établi le premier. En général, elles restent petites, espacées ; quelques-unes même avortent. Les incisives supérieures surtout, par leur conformation anormale toute particulière, trahissent la maladie. Elles sont réduites de volume et comme cuspidées au niveau de la couronne; leur bord tranchant offre une encoche en V ou en W renversés.

Cette malformation est loin d'être toujours accentuée; il est même des cas assez nombreux où la denture reste irréprochable. Pour Baumler2 et d'autres, une stomatite qui s'attaque aux follicules de la seconde dentition en serait la cause.

La voûte palatine profondément creusée est ogivale, ce qui tient sans doute au développement incomplet des os maxillaires supérieurs et palatins.

Dans les types pathologiques bien définis, il n'est pas rare de rencontrer le nez petit et camard, et une asymétrie du crâne, principalement caractérisée par la proéminence du front.

Très souvent, il existe une pharyngite chronique avec sécheresse ou hypersécrétion abondante de la muqueuse et gonflement des amygdales. Exceptionnellement, on rencontre des cicatrices sous forme de brides qui relient les piliers ou la luette à la paroi postérieure du pharynx. La destruction du voile du palais et la perforation de la voûte sont peu fréquentes.

Par contre, il est commun de voir l'inflammation du pharynx se propager du côté des trompes d'Eustache et jusqu'à l'oreille moyenne. La vascularité avec sclérose du tympan et la surdité tiennent à cette cause, plus rarement à une lésion labyrinthique tardive.

Ilutcliinson a rencontré la surdité 15 fois sur 102 malades; dans 9 la cophose était complète. Davidson"', Mooren4, Horner3, AyresG et d'autres ont également insisté sur la fréquence de ce symptôme. En réunissant les différentes statistiques, on trouve qu'une diminution plus ou moins prononcée de l'acuité auditive existe dans le |- des cas, et qu'elle est ordinairement bilatérale.

Le processus inflammatoire peut s'étendre jusqu'au larynx et altérer le timbre de la voix. Chose importante, les ganglions sous-maxillaires et cervicaux restent ordinairement indemnes, ce qui est en contradiction avec les idées de Mackenzie sur la nature nettement scrofuleuse de la kératite.

1. HoTcmxsox, Sypkilitic Discases of the-Eye and Ear, London, 1863.

2. Bao.mler, im Ziemssen Handb. ùber Syphilis, III, p. 210, 1879

3. Davidson, Ann. d'ocul., LXV, p. 125. i. Mooren, Fùnf Luslrcn, etc.

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