Veudesi:, Àrch. d'ophl., IX, 1880. p
2. Kraské, Coiig. cl. dcuslch Gesell. f. Chir. %., Berlin, avril 1886.
inoculés, preuve éclatante de leur action à distance par leurs produits de sécrétion.
Une particularité non moins importante qui ressort de ces expériences est l'atténuation de la virulence des staphylocoques par des inoculations successives. L'aureus, tout en conservant sa couleur propre, devient moins apte à liquéfier la gélatine.
Comme la diapédèse et la phagocythose salutaire ne sauraient se produire sans dilatation préalable des vaisseaux, on conçoit que, dans toute inflammation torpide de la cornée, les moyens capables de vasculariserles tissus, comme les applications chaudes et autres, deviennent des moyens de traitement de premier ordre. C'est ce que l'expérience clinique nous avait appris, mais sans nous donner la clef de l'énigme.
Ce n'est pas à dire pour cela que tout se résume dans la présence des microbes. Divers états dyscrasiques, particulièrement le diabète, l'albuminurie et l'alcoolisme, comme aussi certaines maladies générales, telles que le choléra asiatique et la méningite cérébro-spinale, interviennent pour préparer le terrain.
Nous pourrions en dire autant des lésions nerveuses, dont le prototype nous est fourni par ce qui se passe du côté de l'œil, après section de la cinquième paire dans le crâne.
Quelle qu'en soit l'origine, la suppuration de la cornée débute par une infiltration interstitielle d'un gris perlé, tournant bientôt au jaune crémeux. Cette infiltration est due à l'accumulation de nombreux leucocytes et à l'exsudat librinogène.
Lorsque le dépôt occupe la partie déclive, il revêt la forme d'une demi-lune à convexité supérieure, d'où le nom à'onyx donné à la collection, à cause de sa ressemblance avec la lunule de l'ongle.
Une particularité des abcès de la cornée est la consistance du pus, d'où la difficulté de l'évacuer par la simple ponction.
A mesure que l'infiltration purulente augmente, la cornée s'épaissit, devient insensible et à la fin se nécrose et s'exfolie. Seule, la membrane de Descemet, avons-nous dit, résiste longtemps, mais pour céder à son tour, soit qu'elle se hernie, soit qu'elle se perfore. Dans le premier cas, il se produit une poche transparente, appelée kêratocèle, ou une. saillie noirâtre staphylomateuse: dans le second, on assiste à la fonte purulente de la totalité du globe.
Toutes les fois que l'infiltration reste limitée, elle est susceptible de résolution, bien que souvent il subsiste au centre une plaque scléreuse indélébile.
La complication la plus commune réside dans l'hypopyon.
Lorsqu'un travail ulcéralif rapide envahit le foyer cornéen, on constate une perte de substance qui, à cause de sa transparence parfaite, passe souvent inaperçue à un examen superficiel. Cela s'observe
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fréquemment dans le cours de l'ophtalmie blennorragique, où l'on est surpris de voir survenir des kératocèles ou des staphylomes cornéens, dans l'espace de quelques heures.
Les troubles fonctionnels consistent en douleurs oculaires et périorbitaires vives qui ne font qu'exceptionnellement défaut dans certaines formes torpides, chez les alcooliques, les vieillards et les individus cachectisés.
11 existe une injection péri-kératique et conjonctivale des plus prononcées, sous forme d'encadrement lardaeé, que l'on désigne sous le nom de chêmosis inflammatoire.
En cas d'ulcération cornéenne, la vascularité anormale gagne de proche en pioche, quitte à rétrocéder plus tard, une fois l'ulcère cicatrisé. 11 n'en subsiste pas moins des taches albuginées persistantes et souvent des défauts de courbure dans les différents méridiens, donnant lieu à de l'astigmatisme irrégulier.
Nous devons faire une mention spéciale au sujet de la suppuration oculaire dans le cours de la variole.
Tantôt elle débute par la cornée, tantôt par l'iris sous forme d'hypopyon.
Jadis, on attribuait ces accidents et la cécité totale qui en résultait à l'extension de l'éruption variolique sur la cornée. Un examen attentif a démontré que les pustules ne dépassent dans aucun cas le bord libre des paupières. La preuve que les choses évoluent de la sorte, c'est que très fréquemment l'ophtalmie variolique apparaît dans le déclin de la pyrexie, en pleine période de dessiccation des pustules, plus particulièrement chez les individus âgés ou affaiblis, et qu'elle s'attaque souvent aux deux cornées à la fois.
D'après cela, il faut envisager les accidents oculaires suppuratifs, comme étant de même ordre que les abcès sous-cutanés multiples si communs pendant la convalescence. 11 s'agit sans doute d'un étal infectieux ou pyohémique général. Aussi la dénomination de kératite ou à' ophtalmie post-variolique, donnée par Mackenzie et plus tard par llirsehberg, nous semble parfaitement justifiée.
Le traitement de la kératite suppurative doit viser avant tout la destruction des micro-organismes, ou pour le moins la délimitation du processus suppuratif. Dans ce double but, le 1er rouge (thermocautère ou électrocautère) constitue le modificateur par excellence, pourvu qu'on agisse en surface et en profondeur, jusqu'aux confins du foyer purulent et même au delà.
Les lavages antiseptiques, ceux à base de mercure, sont particulièrement indiqués.
Comme pansement, on emploiera au début des compresses évaporantes qui, en soustrayant du calorique, modèrent le travail inflam-
matoire. Plus tard, en vue de favoriser la phagocythose, on les recouvrira d'une couche imperméable, taffetas gommé ou toile vulcanisée. Enfin, on substituera aux pansements humides le bandage ouaté sec, qui a pour avantages de tarir la suppuration, de soutenir les parties amincies de la cornée et de s'opposer par là aux hernies de l'iris.
La kératôcèle, abandonnée à elle-même, s'accentue de plus en plus. Le thermocautère est un moyen excellent pour en arrêter le progrès et accélérer le travail réparateur. Dans ce but, on cautérise le sommet du cône jusqu'à perforation complète, ce dont on est averti par l'écoulement de l'humeur aqueuse. Aussitôt, la kératôcèle s'affaisse et, grâce à la iiltration ainsi établie, la saillie a moins de tendance à se reproduire.
Les topiques qui nous ont le mieux réussi sont : l'iocloforme et le bleu d'éthyle. Les myotiques trouvent également leur application. Outre leur action favorable sur le tonus de l'œil, ils ont encore la propriété d'agir comme antipurulents.
Lorsqu'on a affaire à une plaie de la cornée dont les bords commencent à suppurer, on devra les toucher au thermocautère et procéder à des instillations de bleu d'éthyle, qui arrêtent le processus suppuratif d'une façon souvent merveilleuse.
Une recommandation formelle est d'appliquer le traitement le plus tôt possible. Parfois, quelques heures de retard suffisent pour entraîner la perforation, aboutissant tôt ou tard à la panophtalmie.
Pour apaiser les douleurs, les saignées locales, les applications de sangsues ou de ventouses à la tempe, ne conviennent guère qu'au début, et seulement chez les individus vigoureux. Nous n'en dirons pas autant des scarifications de la conjonctive toutes les fois qu'il existe un fort chémosis. Les injections hypodermiques de morphine, le chloral et l'antipyrine sont également à recommander.
Les frictions mercurielles et l'administration du calomel à doses fractionnées constituent des agents d'une utilité incontestable.
Une fois le travail suppuratif circonscrit et arrêté, on doit relever les forces du malade par un régime substantiel et tonique.
KÉRATITE NEURO-PARALYTIQUE
Cette kératite est consécutive à la paralysie du trijumeau ou à la section de ce nerf dans un but expérimental.
Chez l'homme, elle est rare. Tout ce que nous savons de sa pathogénie nous vient de l'expérimentation chez les animaux.
En 1822, Fodera et H. Mayo, en sectionnant la cinquième paire dans
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le crâne, observèrent une aneslhésie de la moitié correspondante de la face. Mais c'est Magendie1 le premier qui. en répétant l'expérience, constata la fonte purulente de l'œil.
Claude Bernard2, reprenant la question, établit que les lésions oculaires survenaient seulement lorsque la section portait au niveau ou en avant du ganglion de Gasser. Intéressé entre le ganglion et la protubérance, le nerf ne donnait lieu à aucun trouble.
Le grand physiologiste ne manqua pas de signaler cette particularité importante, que chez les animaux sains et vigoureux les lésions se montraient tardivement et étaient peu prononcées, alors que chez les sujets très jeunes, épuisés ou déjà malades, elles apparaissaient rapidement et aboutissaient à la fonte de l'œil.
Une autre remarque de Sinitzin5 confirmée par Claude Bernard est que l'arrachement préable du ganglion cervical du grand sympathique empêche, ou pour le moins retarde, les troubles oculaires.
Schiff', sur quatre animaux, chiens et chats, chez lesquels la section de la cinquième paire avait été incomplète, ainsi qu'en témoignait la conservation de la sensibilité de la cornée, ne vit pas moins apparaître plus tard la suppuration de l'œil. Il put observer le même fait chez l'homme, où l'autopsie lui révéla une lésion partielle du trijumeau.
Meissner5, répétant l'expérience de Magendie, constata la persistance de la sensibilité cornéenne et crut avoir manqué l'opération. Mais comme, quelques jours après, il commençait à se produire une forte purulence de l'œil, il sacrifia l'animal et put s'assurer que seule la racine grise ou ganglionnaire avait été atteinte.
Tout autre fut le résultat expérimental obtenu par Bùttner6. La section nerveuse intra-crànienne effectuée, la cornée devint insensible, mais la suppuration fit ultérieurement défaut. A l'autopsie, l'auteur constata que la lésion intéressait seulement la partie externe du nerf.
De l'ensemble de ces faits, en apparence contradictoires, Meissner est arrivé à conclure que seule la portion interne du ganglion du trijumeau possède des propriétés trophiques, alors que l'externe tiendrait sous sa dépendance la sensibilité tactile de la cornée.
Merkel7, poussant plus loin les recherches, a établi que la racine trophique avait pour origine la substance grise de l'aqueduc de