‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 114 sur 547 · Senftlebex, Virchow's Arch., t. 65, I, p · texte numérisé non relu

Senftlebex, Virchow's Arch., t. 65, I, p

5. Gudde.n, Bericht d. Nalurforscher Versa/lime l. s. Magdeburg, 1884.

KERATITE NEURO-PARALYTIQUE. 257

n'est pourtant pas ce qui a lion. Do même, dans l'ordre expérimenlal, nous avons cité des cas où, malgré la conservation de la sensibilité cornéeime, la tonte purulente de l'œil ne s'est pas moins produite.

Il est à ajouter, d'après les expériences de Laborde et les nôtres, que la suppuration débute souvent non par la cornée, mais par la chambre antérieure, sous forme d'hypopyon. C'est dire qu'on ne saurait nielles troubles trophiques directs ou par les vaso-moteurs, tout en faisant la part du dessèchement cornéen, ainsi que le veulent Schiff (l. c), Samuel1, Buttner(Z. c), Meissner (/. c), Eckhard (/. c), Merckel (7. c.) et Snellen (/. c). La théorie purement mécanique de Snellen, Senftleben et v. Gudden ne peut se soutenir. C'est ce qui a été compris par Ebertlr et Balogh3, qui font intervenir l'action des microbes, fait non encore suffisamment démontré. De. leur côté, Feuer4 et Bockmann croient à une altération xérotique, et Hippel3, se rapportant à des expériences sur le lapin, admet (pie la kératite est due à un manque d'humectation de l'œil. Pour lui. il suffit de placer l'animal dans une atmosphère humide pour prévenir toute lésion oculaire.

Chez l'homme, la paralysie spontanée de la cinquième paire diffère sensiblement dans ses allures de celle expérimentale.

Dans ses leçons sur le système nerveux, Cl. Bernard relate l'observation d'une femme, dont toute la moitié de la face et l'œil correspondant, sauf la cornée, étaient devenus insensibles. Bien que celte anesthésie remontât à un certain temps, aucun trouble trophique de l'œil ne s'était manifesté.

Nous avons eu à traiter deux cas de ce genre. Dans le. premier, il s'agissait d'une dame de soixante, ans qui, depuis deux ans, avait une anesthésie complète de la cinquième paire droite, avec perte totale de la sensibilité de la cornée. S'étant refroidie, elle fut prise brusquement d'une kératite interstitielle suppurative, avec apparition simultanée d'hypopyon, le tout sans douleur. Sous l'influence des compresses chaudes et de l'atropine, le processus suppuratif s'arrêta, laissant subsister une opacité cornéenne centrale et des adhérences iritiques qui nous conduisirent à pratiquer l'iridectomie.

Grâce à l'anesthésic de l'œil, la malade ne ressentit aucune douleur, ni pendant ni après l'opération, et, chose digne de remarque, la cicatrisation s'effectua aussi rapidement que dans les cas ordinaires. Récemment, nous avons observé un fait analogue chez un homme de cinquante-six ans.

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