‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 118 sur 547 · P». — ULCÈRE STHÉNIQUE ET FISTULES DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

P». — ULCÈRE STHÉNIQUE ET FISTULES DE LA CORNÉE

A propos des abcès cornéens, nous avons exposé la marche et la terminaison de l'ulcère sthénique, autrement dit Inflammatoire. Pour compléter son étude, il nous reste à mentionner certaines complications : la cataracte polaire antérieure syinptomatique et les fistules de la cornée.

Cette cataracte est surtout fréquente dans le bas âge. Petite, d'un blanc crayeux, elle a pour siège le pôle antérieur du cristallin et correspond exactement à l'ancien ulcère. Ainsi que nous le verrons plus tard, il s'agit d'une altération limitée à l'épithélium sous-capsulaire, à quoi s'ajoutent parfois des dépôts plastiques provenant de l'iris enflammé.

L'établissement d'une fistule permanente mérite autrement notre attention. Non seulement l'humeur aqueuse, en s'écoulant d'une façon continue, produit l'effacement de la chambre antérieure, mais elle entretient une irritation constante, exposant l'œil à la suppuration, pour peu qu'il y ait des germes infectieux.

Czermak1 s'est particulièrement occupé du mode de formation de ces fistules et a établi un lien entre elles et la cicatrisation cystoïde. A propos de cette dernière, il admet la formation d'une cavité kystique sous-épithéliale et un canal capillaire qui la fait communiquer directement avec la chambre antérieure, ou à travers une mince cloison de tissu aréolaire. Dans les deux cas, l'humeur aqueuse filtre dans la cavité du kyste.

Lors de fistule complète, l'épithélium tapisse tout le canal de communication et s'étend même plus ou moins loin sur la face postérieure de la cornée. Dans ces conditions, il n'est pas rare de voir la membrane de Deseemet avancer le long du trajet anormal par suite de la rétraction cicatricielle.

Pour Czermak, l'interposition d'un lambeau d'iris prolabé favorise l'établissement de la fistule, ainsi qu'en témoigne la présence de pigment irien et môme de fibres musculaires lisses. L'auteur admet qu'il puisse exister d'autres modes de formation des trajets fistuleux, niais le processus qu'il a décrit reste le plus fréquent.

A une période avancée, il a trouvé dans le tissu de cicatrice des

1. Czekmak, Arck. f. Opht., XXXVI, 2, p. 163, 1890 et XXXVII, 2, p. 58, 1891.

houles et un réticulum hyalins qu'il envisage avec Lcber comme d'anciens dépôts de fibrine.

I'ailant de ces données anatomiques, il pense que le meilleur moyen de prévenir les fistules cornéennes consiste à libérer l'iris de ses adhérences.

Une fois la fistule établie, l'immobilisation des deux yeux sous un bandage compressif, l'ésérinc et la cautérisation du trajet avec le crayon de nitrate d'argent pourront réussir.

Si l'on échoue, on essaye d'aviver les parois avec une curette tranchante, ou à l'aide d'une petite couronne de trépan. De Wecker1 propose d'inciser crucialement le trajet fistuleux et d'en exciser les bords à l'aide de pinces-ciseaux. Nous préférons de beaucoup l'emploi du thermo-cautère après large iridectomie.

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