‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 119 sur 547 · C. — ULCÈRES RONGEANTS OU SERPIGINEUX DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

C. — ULCÈRES RONGEANTS OU SERPIGINEUX DE LA CORNÉE

Par son origine microbienne, sa marche envahissante et sa gravité particulière, l'ulcère serpigincux mérite une description détaillée.

Le plus habituellement, on l'observe chez des individus avancés en âge. Cela tient à ce que, par l'atonie de l'orbieulaire, la paupière inférieure s'ectropionne, exposant au contact de l'air la conjonctive, qui s'enflamme et sécrète des liquides chargés de microbes.

C'est par le même mécanisme que, dans la lagophtalmie paralytique et l'exophtalmie, il se produit la kératite dite par dessèchement. 11 n'est pas jusqu'au catarrhe du sac lacrymal qui ne puisse être la cause d'un ulcère infectieux. D'après Trousseau et Millingeir, l'ozène atrophiante simple, sans complications du côté des voies d'excrétion des larmes, suffit pour le provoquer. Us s'appuient sur les bons effets des irrigations nasales avec la solution du sublimé à j^.

En pareille occurrence la plus petite exfoliation de la cornée aboutit à une ulcération. Eberth3, Leber4, Stromeyer5 et Fritsch6, en inoculant sur des cornées d'animaux divers microbes, l'aspergillus glaucus, le leptothrix buccalis, des staphylocoques et des streptocoques, ont établi ce fait important.

Les moissonneurs, les vidangeurs et les égoutiers, surtout ceux âgés et débilités, sont plus exposés que d'aulres à contracter cette affection qui parfois revêt la forme endémique. Cela tient sans doute à la fré-

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