‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 120 sur 547 · Fritsch, Experiment. Slud. Erlangen · texte numérisé non relu

Fritsch, Experiment. Slud. Erlangen

quénce des excoria lions par les épis de blé chez les premiers, et au contact de vapeurs irritantes chez les seconds.

Au début, il apparaît, sur la partie infectée, une infiltration grisâtre à surface dépolie et à bords saillants. A mesure que le bourrelet gagne en étendue, le centre du foyer prend une teinte jaune crémeuse et envahit rapidement en profondeur jusqu'à perforation. De là, le nom d'ulcère rongeant ou serpiginëux.

A ce moment, par l'éclairage oblique on constate dans la chambre antérieure un dépôt nuageux, qui ne tarde pas à devenir franchement purulent. De forme semi-lunaire, à concavité supérieure, l'épanchemerit constitue ce que l'on est convenu d'appeler hypopyon. Cette complication presque constante explique le terme de kératite à hypopyon, dont on se sert encore pour désigner l'ulcère infectieux.

La présence du pus dans la chambre antérieure a été diversement interprétée. Nous avons suffisamment insisté sur ce point, à propos de la kératite suppuralive, pour que nous n'ayons pas à y revenir. Rappelons seulement que l'iris, parfois les procès ciliaires et accessoirement la cornée en sont la source.

A une période plus avancée, la partie cornéenne infiltrée se nécrose puis s'exfolie sous la forme d'un bourbillon caséeux. L'iris gonflé, vascularisé cl en pleine purulence, vient alors faire hernie au dehors, pendant que le globe s'atrophie et constitue un moignon informe.

Telle est la terminaison habituelle de l'ulcère rongeant abandonné à lui-même.

Les troubles fonctionnels sont : une injection périkératique et conjonctivale vive, la photophobie, le larmoiement et des douleurs ciliaires intenses, qui ne font qu'exceptionnellement défaut chez les alcooliques, les individus avancés en âge ou cachectisés.

Vu la gravité de l'affection, on doit intervenir promptemenl et agir avec vigueur.

Dans ce but, on commencera par désinfecter l'œil et ses annexes, conjonctive, paupières, sac lacrymal, au moyen de lavages répétés au biiodure de mercure, ou au sublimé. En même temps, on usera des collyres myotiques, de l'iodoforme en pommade et d'attouchements au bleu d'étbyle (Stilling) ou à la teinture d'iode (Chibret). Vignes1 préconise une pommade composée d'aristol 1 gramme, vaseline 25 grammes, sulfate d'atropine 0sr,10, et y combine le bandage ouaté sec. bourgeois2 préfère les lotions avec un mélange d'une solution d'acide borique et de borate de soude. Comme pansement il emploie l'ésérine et l'aristol.

Malgré leur utilité, tous ces moyens ne sauraient suffire, si l'on ne

1, Vignes, Soc. fr. d'opht., 1892, p. 513.

Page 1