Panas, Arch. d'ophlal., 1885, p
Avec le temps, l'opacification s'éclaircit et, au bout du septième mois, la cornée recouvre sa transparence, sauf au point inoculé.
Dans aucune de nos expériences, nous n'avons vu l'affection gagner les autres parties de l'œil, ni se propager dans l'organisme. 11 résulte de là que la tuberculose primitive de la cornée, est de celles qui peuvent rester localisées.
Kostenitsch et Wolkow1 viennent de faire des expériences de même ordre d'où il ressort des particularités histologiques importantes. Le bacille, une fois en contact avec les cellules fixes de la cornée, gonfle leur protoplasma, s'y incorpore et les transforme par division en jeunes cellules épithélioïdes. Ce travail s'accompagne toujours de l'apport de cellules migratrices et de la formation de vaisseaux nouveaux. Jamais ils n'ont trouvé de cellules géantes. Tout au plus dans les stades avancés ont-ils rencontré des cellules épithélioïdes à deux ou quatre noyaux. Du reste, pour ces auteurs les cellules géantes seraienL produites par l'accolement d'éléments épithélioïdes au moyen d'un plasma grenu contenant souvent des bacilles.
La description expérimentale concorde avec ce que la clinique nous a permis d'observer. A cet égard, nous citerons l'observation d'une daine de 50 ans, délicate de santé et à sommets suspects.
Après avoir éprouvé des douleurs ciliaires vives du côté droit, la malade se présenta à nous avec une opacification interstitielle diffuse du segment cornéen supérieur et une légère injection épisclérale. Vers le treizième jour, l'opacification et la vascularité avaient atteint le centre. La cornée offrait en plus des grains blancs, jaunâtres, rappelant une éruption de tubercules miliaires. Ces grains, au fur et à mesure de leur évolution, se fusionnèrent, et, vers la quatrième semaine, toute la partie infiltrée devint le siège d'une ulcération à fond jaunâtre et à bords déchiquetés, sans complications d'hypopyon ou d'iritis.
Chose digne de remarque, l'ulcère, pendant toute sa période d'envahissement, accusa sa marche progressive par l'adjonction de nouveaux tubercules marginaux.
Il ne fallut pas moins de trois mois de traitement pour arriver à la cicatrisation, qui se termina par un albugo prononcé.
Deux ans plus tard, la cornée avait recouvré une transparence suffisante pour permettre la lecture de gros caractères d'imprimerie.
La similitude des symptômes observés avec ceux que l'expérimentation nous a fournis chez les animaux est telle, qu'il est impossible de mettre en doute chez notre malade l'origine tuberculeuse de l'ulcère cornéen. Cela ressort également des observations deFontair et deRachelr'.
1. Kostenitsch et Wolkow, Arch. de mcd. expert»/.. IV, p. 745, 1893.