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Raciiet, Brochure, Paris

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Si l'on était en présence d'une lésion mal définie, laissant planer des incertitudes suc sa nature, il faudrait procéder à la recherche des bacilles, ou mieux, pratiquer avec le produit de l'ulcère des inoculations dans la chambre antérieure d'animaux.

Le traitement local se rapproche beaucoup de celui de l'ulcère rongeant. On emploiera surtout la cautérisation, les lotions antiseptiques et les applications d'iodofornie en poudre ou en pommade. Quant au traitement général, il est le même que celui de la tuberculose constitutionnelle.

Sous le. nom générique de taies de la cornée, on entend tout trouble persistant qui succède aux affections ulcéreuses précédemment décrites. A cela s'ajoutent des opacités partielles ou totales d'ordre dystrophique, les unes acquises, les autres congénitales.

Outre l'obstacle réel que les taies apportent à l'exercice de la vision, elles constituent, comme nous l'avons dit, une menace permanente pour l'œil. Aussi de tout temps les ophtalmologistes ont-ils cherché à les combattre par un traitement spécial.

Dès l'époque pré-alexandrine, on distinguait, d'après leur degré d'intransparence, les taies en scjrXùsç (caligo des Latins), vsoéXat (nubeculse), abfiïz;. Galien et ses successeurs les avaient dénommées vïœé),iîv, â^luç, koXy] et ArJy.ojj.a. Aujourd'hui, on se sert des termes néphélion, albucjo et leucome, correspondant, le premier à des opacités légères, le second à celles plus prononcées, et le dernier ou leucome au tissu cicatriciel véritable, qui, comme tel, constitue une tache indélébile.

Au point de vue du traitement, les anciens avaient divisé les taies cornéennes en superficielles et en profondes ou calleuses. Ils s'attachaient à faire disparaître les premières par l'application de topiques légèrement astringents. Quant aux secondes, ils les considéraient comme incurables, surtout lorsqu'elles étaient compliquées de glaucome ou d'hypochyme (cataracte).

Dans un intérêt pratique, nous diviserons les opacités cornéennes : en idiopathiques ou cicatricielles, en symptomatiques ou consécutives à d'autres maladies de l'œil, et en dystrophiques, dont le type principal est le gêrontoxon ou arc sénile.

A. — OPACITÉS CICATRICIELLES

- Les opacités cicatricielles de la cornée méritent une étude détaillée à cause de leur fréquence et du mode de traitement qu'il convient de leur appliquer.

L'étendue et la gravité du travail phlegmasique ou ulcératif influent sur leur forme et leur degré d'intransparence, si bien qu'il est possible de faire le diagnostic rétrospectif de l'affection première.

C'est ainsi que de petites macules rondes, remontant au jeune âge. se rattachent à des poussées de kérato-conjonctivite phlycténulaire. Il en est de même des bandelettes triangulaires opaques, parties de lune ou de l'autre extrémité du méridien horizontal pour aboutir en s'effilant vers le centre de la cornée.

Une large opacité diffuse est le résultat du pannus ou de la kératite parenchvmateuse. Superficielle clans le premier cas, elle occupe dans le second les couches profondes, outre qu'il s'ajoute un pointillé blanc mat pour la variété dite maligne.

Le dépôt de particules calcaires, graisseuses ou métalliques, fait supposer une altération sclérosique ou dégénérative du tissu de cicatrice. Cela se rencontre à la suite de brûlures, de vieilles ectasies staphylomateuses, de glaucomes invétérés, et constitue ce que nous décrirons sous le nom de kératite chimique.

Des opacités marginales en coup d'ongle succèdent à des kératites phlycténulaires ou ulcéreuses du limbe. Il faut se garder de les confondre chez les individus âgés avec l'arc sénile.

Des cicatrices profondes, accompagnées souvent d'enclavement de l'iris et par cela même pigmentées, sont la conséquence de lésions suppuratives graves de la cornée et de la conjonctive, telles que l'ophtalmie blemiorrhagique ou diphtéritique, les brûlures, les ulcères et les plaies infectés, tant accidentelles qu'opératoires. Il n'est pas rare de voir alors la conjonctive recouvrir partiellement la cornée sous forme de ptérygion.

Les opacités triangulaires d'aspect granité, occupant la moitié inférieure de la cornée, appartiennent à certaines variétés de kératite parenchymateuse ou d'iritis séreuse chronique.

Enfin, des plaques sclérosiques marginales festonnées succèdent à la scléro-choroïdite antérieure et à l'épiscléritis.

Les véritables cicatrices cornéennes sont susceptibles de métamorphoses. Sous l'influence de la tension intra-oculaire elles deviennent ectatiques et constituent des slaphyloines. De même, celles exposées ;'i l'air se recouvrent d'épithélium parsemé de plaques jaunes ou blanches, dues à des dépôts de graisse, de concrétions hyalines et de sels calcaires. Ce travail régressif peut aboutir à l'ulcération du tissu cicatriciel par dystrophieet à la perforation à la suite de panophtalmie résultant de germes infectieux.

Les troubles visuels occasionnés par les taies sont des plus intéressants.

Étant donné l'intransparence de la cicatrice, on conçoit que l'acuité

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visuelle se réduise, et cela d'autant plus que l'éclairage ambiant diminue. Une vive lumière n'est pas toujours favorable, vu le resserrement forcé de la pupille.

De simples néphélions translucides, en diffusant les rayons lumineux nuisent à la netteté des images.

Les cicatrices, alors même qu'elles sont légères et superficielles, entraînent une altération de courbure, d'où astigmatisme le plus souvent irrégulier. Chauvel1 l'a rencontré dans les trois quarts des cas, et chez la moitié il mesurait plus de 1 D. En se servant du trou sténopéique Fauteur a trouvé, ainsi que Sulzer, que l'acuité visuelle déplorable de beaucoup de ces yeux tenait moins aux nébulosités qu'à la forme irrégulière de la cornée.

D'autres troubles fonctionnels dérivent du strabisme, du nystagmus et de la myopie qui succèdent aux taies cornéennes. Dans bien des cas, la myopie n'est qu'apparente, vu que les malades étant amblyopes sont obligés de rapprocher outre mesure les objets. Toutefois, sur 470 yeux dont la réfraction a été déterminée objectivement, Chauvel a trouvé 150 emmétropes, 110 hypermétropes et non moins de '257 myopes, soit 42,7 pour 100. C'est là un chiffre éloquent qui démontre combien les taies prédisposent à la myopie.

Nous ne ferons que mentionner les accidents glaucomateux, l'atrophie de la rétine et du nerf optique, enfin la choroïdite circumpapillaire ou disséminée qui constituent autant de complications éloignées assez fréquentes.

A propos des kératites ulcéreuse, parenchymateuse et phlycténulaire, nous avons exposé l'anatomie pathologique des taies de la cornée. Le seul point sur lequel il faille insister est l'incurabilité du leucome, véritable tissu de cicatrice, alors que les néphélions et les albugos, en leur qualité de simples infiltrats, sont susceptibles de résolution. L'éclaircissement de ces derniers s'opère toujours de la périphérie au centre.

Sous le nom de leucomes adhérents, on comprend les cicatrices qui affectent des rapports de continuité avec l'iris; cela constitue une condition fâcheuse, surtout au point de vue du glaucome.

Les altérations régressives du tissu leucomateux ne sont pas, avonsnous dit, chose rare. Bowman et Dixona, qui les premiers se sont occupés de ce sujet, ont signalé, sous l'épithélium aplati et desséché. des dépôts de phosphates et de carbonates à base de chaux et de magnésie. Cuignet3 admet une simple infiltration graisseuse, tandis que

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