‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 131 sur 547 · Nettleship, Arch. f. Avrj., IX. p. i · texte numérisé non relu

Nettleship, Arch. f. Avrj., IX. p. i

Magnus1, se fondant sur quatorze observations, conclut que la disposition en bandelette n'est pas constante. Pour lui, il s'agit d'une lésion consécutive méritant le nom de kératite trophique. Cela ne doit pas nous faire oublier, toutefois, qu'il existe une variété primitive, comme v. Graefe, Schweigger et Lewkowitsch2 en ont cité des exemples.

De son côté, Brailey3 fait intervenir le traumatisme en invoquant le fait d'une jeune fille de huit ans qui eut l'œil contusionné trois années auparavant. L'examen démontra la rupture de la membrane de Bowmannavec amasfibrinoïdes soulevant l'épithélium, et une infiltration du stroma par des éléments ronds ou fusiformes groupés autour des cellules cornéennes fixes; le tout sans vascularité anormale.

L'étiologie de la kératite en bandelette primitive est encore obscure. Nettleship accuse la goutte, les affections du cœur et des reins. Lewkowitsch n'a trouvé aucune cause plausible. Chez son malade, le fond de l'œil était normal ainsi que le tonus. Seule la pupille était mydriatique, ce qui lui fit supposer une origine nerveuse. Dans le cas de Knapp, il y avait diabète; mais le trouble de la cornée n'a été que transitoire, comme dans certaines formes où l'on a incriminé le paludisme. D'une façon générale, on peut affirmer que la kératite en bandelette est d'ordre dystrophique, à quoi s'ajoute incontestablement l'action irritante de l'air sur les parties habituellement découvertes de la cornée. Il se pourrait que dans la forme calcaire xérotique, des microbes spéciaux interviennent, comme cela a été démontré par Galippe pour le tartre dentaire.

Le traitement doit varier suivant qu'il s'agit de l'une ou de l'autre forme.

Dans celle primitive ou typique, il faut être très réservé sur l'emploi de l'atropine, à cause de la tendance de la maladie à dégénérer en glaucome. Pour peu que le tonus s'exagère, on prescrira donc les collyres myotiques. Si cela ne suffisait pas, les paracentèses, la sclérotoinie et surtout l'iridectomie devront être pratiquées. C'est ce qui a été fait avec succès par v. Graefe et Sellerbeck. Ce dernier insiste sur l'avantage de l'iridectomie au point de vue du glaucome, tout en reconnaissant que la lésion cornéenne continue à évoluer.

Les divers topiques éclaircissants ne sauraient être efficaces, vu la nature régressive des lésions.

Dans la forme atypique, avec hypertrophie de l'épithélium et dépôt calcaire abondant, on commencera par abraser la plaque au moyen de la curette et du couteau, sauf à pratiquer l'iridectomie, toutes les fois que le globe n'est pas trop dégénéré. Dans le cas contraire, L'énu-

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