‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 136 sur 547 · CniTciiETT, Ophthalm., II. R., t. IV, 180Ô · texte numérisé non relu

CniTciiETT, Ophthalm., II. R., t. IV, 180Ô

STAPHYLOMES DE LA CORNEE. 285

Knapp1 a proposé une. suture qu'il appelle en bourse. A côté < 1 1 1 méridien vertical et à 5 millimètres de la base de la cornée, il passe une aiguille armée de fil, qu'il fait cheminer latéralement de 4 à 5 millimètres sous la conjonctive et l'épisclère. L'aiguille rendue libre est enfoncée vers l'extrémité inférieure du même méridien, de façon à former une anse dont le milieu est flottant; même manœuvre du côté opposé, après quoi il excise le staphylome et noue chacune des deux anses séparément.

Un autre procédé en bourse est celui de Wecker. 11 diffère du précédent par le nombre des anses, 4 au lieu de 1, ne comprenant que la conjonctive préalablement détachée de ses insertions cornéennes et épiselérales. Comme il subsiste aux deux extrémités de la plaie deux petites ouvertures, l'auteur conseille de les fermer au moyen de points de suture complémentaires.

Cette dernière méthode a le défaut de ne pas fournir au fil une prise suffisante. Aussi voit-on la conjonctive formant tablier au niveau de l'ouverture béante de la sclérotique, se laisser soulever par le vitré. Les anses venant à sectionner la muqueuse, le contenu de l'œil ne tarde pas à faire hernie en dehors.

Voulant conserver à l'opération de Critchett ses avantages réels, tout en supprimant les inconvénients qui l'ont fait presque abandonner, nous procédons comme il suit :

Le malade étant chloroformisé, l'œil et ses annexes lavés antiseptiquement, on applique l'écarteur et l'on fixe le globe dans la position voulue avec une pince à dents sans écrou. Cela fait, à l'aide du couteau nous incisons par transiîxion les f ou les | de la base de la cornée staphylomateuse, que quelques coups de ciseaux achèvent de détacher. A ce moment, l'aide soulève légèrement le blépharostat pour que les paupières n'exercent aucune pression sur le globe. Le vitré apparaît alors, mais sans avoir grande tendance à faire saillie. Avec 4 ou 5 aiguilles courbes fines, on embroche les lèvres de la sclérotique obliquement de dedans en dehors, en y comprenant la conjonctive bulbaire. On en fait autant sur la lèvre opposée de la sclérotique, et l'on procède ou non à l'extraction du cristallin, suivant qu'il est cataracte ou pas. Il ne reste qu'à serrer les fils. Généralement, nous préférons la soie anglaise fine au catgut, qui a l'inconvénient de se ramollir et de se détacher trop tôt. Un septénaire suffit pour la réunion complète, et afin d'éviter que les deux angles de la plaie ne viennent gêner l'application de l'œil artificiel, nous avons soin au moment de l'opération de les écorner avec les ciseaux.

L'opération ainsi pratiquée expose rarement à une hémorrhagie.

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