Knapp, Arch. f. Opht., t. XIV, p
S'il en était autrement, comme lors d'yeux fortement glaucomateux, on ménage un petit orifice s'opposant à l'accumulation du sang dans la cavité du moignon. Une expérience déjà longue nous a appris que l'opération de Critchétt faite en avant des attaches de l'iris, n'entraîne aucun danger tant immédiat que consécutif. Pour assurer ce résultat, l'antisepsie rigoureuse et l'application d'un bandeau occlusif méthodique sont indispensables.
Lorsque la sclérotique est envahie par de larges saillies staphylomateuses équatoriales, l'œil étant depuis longtemps glaucomateux, douloureux et impropre à la vision, il ne reste d'autre ressource que l'énucléation. Celle-ci, à peu près toujours inoiï'ensive lorsqu'elle est faite antiséptiquement, met lin aux souffrances du malade et le préserve mieux que tout autre procédé des manifestations sympathiques.
L'éviscération, les paracentèses répétées, la névrotomie optico-ciliaire et la résection du nerf optique, proposées tour à tour, en vue de conserver un moignon se prêtant mieux à la prothèse, constituent autant de moyens insuffisants et non exempts de danger. Nous y reviendrons ailleurs.
KÉRATOCÔNE OU STAPHYLOME PELLUCIDE
• l'ar kératocjne, on entend une affection dont la nature est mal connue. Les termes de cornée conique, (Vhyperkératosis (Himly) et de staphylome pellucide servent encore à la désigner. Les anciens paraissent avoir ignoré son existence. Il faut arriver à Taylor1 pour la trouver décrite, sous l'épithète d'ochlodes. Il existe, dit cet auteur, une lésion de la cornée qui a pour effet de faire bomber cette membrane en avant, sous la forme d'un c5ne à sommet obtus et à base s'étendant jusqu'aux confins de la sclérotique. Il ajoute que la cornée ainsi modifiée garde partout sa transparence.
Leveillé, dans sa traduction du livre de Scarpa2, en signale deux cas. Il se déclare perplexe au sujet de la nature de l'affection qu'il classe parmi les staphylomes. Edmonslone ne croit pas à un processus phlegmasique. Wardrop insiste sur l'amincissement avec nébulosité du sommet du cane. Robert Lyall considère cette altération comme incurable et propose, pour corriger la forte myopie qui en résulte, le port de verres biconcaves. Adarns\ ayant reconnu l'inefficacité des paracentèses, conseille l'extraction du cristallin.
Pour Travers, l'affection réside dans une résorption de la substance
1. ÏAYi.un, Account of the Mccanisin of the glob of tlic eye, 1850.
2. Sc*rpa, Traité des maladies des yeux, t. II, p. 179, Paris, 1802. 5. Adams, Journ. ofSc. and Arts, 1817. . .
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interlamelfaire, d'où amincissement e1 distension de la cornée sous la poussée du contenu de l'œil. Vu l'incurabilité de la lésion, il se borne à prescrire des lunettes sténopéiques.
toger de Wurtzbourg, Wàlker et Rudolph Wagner', insistent sur l'amincissement excessif du sommet cornéen, alors que la périphérie conserve son épaisseur et que la membrane de Descemet ainsi (pic toutes les autres parties de l'œil restent saines.
Siebel2 et Hasner rappellent la légère opacité centrale due, d'après le premier auteur, à une ulcération préexistante. Le traitement qu'il conseille consiste à toucher tous les deux ou trois jours la partie opaque avec un crayon de nitrate d'argent, et d'y passer, deux ibis par jour, un pinceau imbibé de laudanum.
Flarer propose le passage d'un selon filiforme à travers le cône, espérant, par suite de l'écoulement de l'humeur aqueuse, obtenir l'affaissement.
Travers et Tyrrel, ne se préoccupant que d'améliorer la vision, pratiquent l'iridectomie.
Finalement, Fario3 conseille l'excision d'un lambeau en Y au sommet du kératocône sans application de sutures. 11 s'en déclare satisfait, la cornée recouvrant, dit-il, sa forme normale au bout de quelques semaines, et le port de lunettes concaves procurant au malade une vision nette.
Pickford', d'accord avec Travers et Mackenzie, nie que l'affection soit inflammatoire, et explique la présence de la petite nébulosité centrale par la compression des paupières sur la cornée devenue saillante. Pour lui, comme pour Mackenzie, l'altération dépendrait d'un trouble tropbique.
De ce court aperçu historique il résulte qu'à une époque antérieure à la nôtre, tout avait été dit sur la nature et le traitement du kératocône.
Dans un examen anatomique, Ilulkc5 comme Wagner trouva la cornée très amincie au centre, mais sans altération de la membrane de Descemet et des autres parties de l'œil. A ce niveau, il existait une accumulation anormale de cellules lymphoïdes, les nues allongées, les autres anastomosées; toutes avaient pour siège les couches superficielles du stroma immédiatement sous la membrane de Bowman. Rampoldi6, ayant entrepris des expériences variées, formule les mêmes conclusions.
1. R. Wagner, Cari. Schmidt, in abhand. itber die Byperkeratosis. Erlangen, 1830.