Brailey, Opht., H. H.. VIII, p
2. IIiss, Beitr. z. norm. u. path. Hislol. d. Cornca. Basol, 1856.
KERATOCONE OU STAPHYLOME PELLUCIDE. 289
Pour cet auteur, le kératocône serait dû à une sorte d'arrêt de développement du centre de la cornée. Il fonde son assertion sur l'élude embryologique, montrant que des cellules du mésoblaste parties de la périphérie se frayent un chemin à travers celles épiblastiques pour se rejoindre et se confondre au centre. Si cette propagation cellulaire, ne se fait pas ou ne se fait qu'incomplètement, il en résulte un défaut de résistance, qui se traduit plus ou moins vite après la naissance par la production d'un staphylome pellucide. L'hypothèse parait d'autant plus plausible à l'auteur, que les sujets atteints de conicité cornéenne offrent généralement d'autres manifestations d'arrêt de développement, telles que : malformation des dents dépourvues d'émail, trophonévroses cutanées, etc.
A part le sexe féminin qui y est plus prédisposé', on ne saurait invoquer aucune influence constitutionnelle ou de classe sociale, bien que liowman1 ait soutenu le contraire et que Rampoldi envisage l'affection comme une variété de kératite dyscrasique (/. c).
11 ne faudrait pas admettre a priori que les yeux myopes soient plus exposés. Des faits incontestables prouvent que ceux emmétropes ou à peine hypermétropes deviennent kératoconiques. L'observation de Dickson2, concernant un chasseur émérite qui à L'âge de vingt-neuf ans fut atteint de cette affection, ne saurait laisser aucun doute à cet égard. Ce qui paraît mieux démontré, c'est le rôle du surmenage de l'accommodation et de la convergence chez les individus prédisposés.
D'après White Cooper, le climat ne serait pas indifférent. Sur une statistique comprenant non moins de 209 000 cas d'affections oculaires, recueillis tant en Angleterre qu'en Ecosse, il trouve 194 kératocônes. La proportion générale, inférieure à j^-, se réduit pour l'Ecosse à — ô? et s'élève à Makao à près de jfa.
Ces considérations étiologiques s'appliquent exclusivement au kératocône primitif ou essentiel. Celui consécutif a des ulcères de la cornée ayant laissé des taches néphéliomateuses ou l'albugo, rentre nettement dans les staphylomes cicatriciels.
Les troubles fonctionnels varient dans les différentes périodes.
Au début, le malade passe pour myope, avec cette particularité que son amétropie progresse rapidement au point de devenir excessive. Il fixe de très près et de côté, en clignant fortement dp- naupières. A dis tance, les objets lui apparaissent confus, mime multiples (Weissr') et irisés sur les bords. Enfin, il ne parvient point à corriger par les verres l'imperfection de sa vue.
L'examen objectif ne tarde pas à dévoiler la cause de ces troubles.