‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 140 sur 547 · Weiss, Arck. f. Ophth., XXI, 1875, 2, p · texte numérisé non relu

Weiss, Arck. f. Ophth., XXI, 1875, 2, p

PANAS. 19

Ce qui frappe au premier abord, c'est le miroitement particulier de la cornée. Cette dernière, vue de profil, apparaît bombée et terminée en pointe vers son centre.

L'éclairage oblique, pratiqué aussi tangentiellement que possible, montre une nébulosité centrale qui rarement fait défaut. En projetant de face une bande lumineuse, celle d'une fente sténopéique éclairée par derrière, on aperçoit que le reflet cornéen se rétrécit au sommet du cône, pour s'élargir de plus en plus vers la périphérie. Si l'on promène au-devant de l'œil la flamme d'une bougie, son image, très réduite au centre, ^ s'agrandit à mesure qu'elle se projette sur les Fitr 92 parties excentriques.

La kératoscopie avait montré à Bovvman', Donders2 et Cuignet, une sorte de rose des vents à secteurs alternativement clairs et obscurs, qui suivent les mouvements de rotation du miroir ophtalmoscopique. Ce caractère important permet de reconnaître le kératocône alors qu'il est à peine ébauché.

Une méthodclplus précise est celle de Placido, Javal et Schiôtz. Elle consiste dans l'emploi d'une cible formée de cercles concentriques noirs et blancs, dont l'image réfléchie sur la cornée devient d'autant plus elliptique que le kératocône se prononce. De fortes sinuosités marginales décèlent l'astigmatisme irrégulier qui est ici la règle. Le. grand avantage de ce mode d'examen est de donner la mesure de chaque méridien et son degré de conicité, pour peu qu'on fasse regarder le malade dans les azimuts de toutes les quantités angulaires voulues.

Une fois le kératocône reconnu, on en déterminera le siège. Celui primitt -/'est toujours central, tandis que le consécutif ou atypique occupe une partie quelconque de la cornée. Le dernier diffère encore par son évolution tardive, vers l'âge de 40 et 50 ans, au niveau d'anciennes cicatrices, surtout chez des femmes ayant eu des kératites phlycténulaires graves dans leur enfance.

Pour apprécier le degré d'amincissement du sommet du cône, iî suffit d'exercer une légère pression à l'aide du stylet; plus la paroi est mince, plus elle se laisse déprimer. Cette constatation n'est pas sans importance, attendu qu'à la suite d'un choc ou d'un effort, on a vu la cornée brusquement se rompre, comme dans le fait cité par Mackenzie: il est vrai que la guérison s'en est suivie, mais une terminaison aussi heureuse est unique dans son genre.

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