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CORPS ÉTRANGERS DE LA CORNÉE

L'implantation des corps étrangers s'observe journellement et ne manque pas de gravité. Pour donner une idée de la fréquence de cet

TRAUMATISMES DE LA CORNEE. 297

accident, il suffit de citer les statistiques de Yverl1 et de Weidmann*. Le premier, sur 100 cas de corps étrangers de l'œil, en compte il pour la cornée. Le second, sur un ensemble de 1762, a trouvé les proportions suivantes : cornée, 74 pour 100; conjonctive, 16; sclérotique, 0,i: chambre antérieure, 0,5; iris, 0,5; cristallin, 0,7; vitré, 6; rétine, 0.1 pour 100.

Le plus ordinairement, il s'agit de parcelles métalliques froides ou surchauffées, plus rarement de fragments de charbon, de verre et de pierre. Les grains de poudre de chasse, les barbes d'épis de blé chez les moissonneurs et les épines de toute sorte, sans omettre le dard de l'abeille et de la guêpe, ou même la présence d'un cil5, sont encore à citer.

La pénétration de ces corps s'accompagne d'une sensation pénible qui ne tarde pas à devenir douloureuse, à quoi se joint de la photophobie, du larmoiement et une sécrétion discrète de mucus. Les jours suivants, il se produit autour du corps étranger une nébulosité grisâtre qui sert au diagnostic, en supposant qu'on n'ait pu le faire, à cause de la transparence du fragment implanté.

A une période ultérieure le corps étranger, en ulcérant les tissus, tombe parfois de lui-même, ce qui expose à méconnaître la cause des accidents. Ce n'est qu'en faisant appel aux souvenirs du patient qu'on parvient au diagnostic.

Lors de fragments oxydables de fer ou d'acier, le halo qui les circonscrit présente une coloration rouillée qui en dévoile la composition.

Le grand danger des corps étrangers dépend moins de leur volume et de leur degré de pénétration que de la septicité. Alors seulement des accidents suppuratifs graves évoluent sous forme d'abcès et même d'hypopyon.

La présence d'un corps étranger ne saurait échapper à l'examen par l'éclairage latéral, aidé au besoin de la loupe. Grâce à ce mode d'exploration, on en détermine le nombre, la nature et le degré de pénétration.

L'extraction dans le plus bref délai constitue l'indication principale, à moins qu'il ne. s'agisse de parcelles friables, telles que grains de poudre, qu'on espère voir s'éliminer spontanément. 11 ne faudrait pas oublier du reste que des corps aseptiques ont pu séjourner longtemps sans provoquer d'accident. Velpeau"' cite le cas d'une paillette d'acier incapsulée depuis neuf mois; YVardrop, celui d'un fragment de pierre

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