Knies, Arcli. f. Amjcnh., IX, p
lable. L'examen ophtalmoscopique, à l'aide du miroir plan, nous renseigne à son tour sur l'état du vitré, qui est souvent trouble et contient des flocons.
A une période avancée, l'orifice pupillaire s'oblitérant, l'iris est refoulé jusqu'à effacement complet de la chambre antérieure. L'humeur aqueuse s'accumule alors dans l'espace rétro-iridien et, eu appliquant la grande circonférence irienne contre la cornée, détermine l'occlusion de l'angle de fillration et des accidents glaucomateux.
L'étiplogie de l'iritis séreuse est encore obscure. Ce qui semble le mieux établi, c'est l'influence de la blcnnorrhagie, du rhumatisme chronique, de la ménopause et exceptionnellement de la syphilis.
La forme blennorrhagiquc est tellement fréquente qu'elle mérite une mention spéciale.
Iritis blennorrhagique. — Outre l'uréthrite qui en est le point de départ, il faut signaler la coexistence possible de synovites tant articulaires que tendineuses. Plus rarement, il s'ajoute du rhumatisme musculaire, une pleurésie ou une endocardite, voire même des complications du côté des centres médullaires.
En présence de pareils syndromes, on est conduit à se demander s'il s'agit d'une infection blennorrhagiquc vraie, ou simplement de rhumatisme chronique vulgaire, dont l'uréthrite favoriserait l'éclosion chez les individus prédisposés.
Un contraste frappant entre l'infection syphilitique et celle blcnnorrhagique, c'est que la première est à peu près fatale, alors qu'un nombre considérable d'individus échappe à la seconde. Swediaur, expérimentant sur lui-même, se fit une injection d'ammoniaque dans l'urèthre et parvint à développer une uréthrite qui se compliqua d'orchite et d'hydarthrose du genou. Partant de là, il conclut à la nonspécificité de la blcnnorrhagie.
L'existence des gonocoques, qui semblait fournir la preuve d'un agent infectieux, tend à perdre de sa signification, depuis qu'on en a rencontré dans des urèthres sains.
Ce qui nous a frappé, lorsque nous dirigions le service des vénériens à l'hôpital de Lourcine, c'est la moindre fréquence de l'iritis et des autres manifestations blennorrhagiques chez la femme atteinte d'uréthro-vaginite. Ce fait, qu'avait également signalé Cuillérier, semblerait confirmer que le terrain arthritique intervient pour beaucoup.
Quoi qu'il en soit, l'iritis blennorrhagique, à part son origine uréthrale, ne diffère en rien de la forme séreuse. A l'instar du rhumatisme erratique, elle peut apparaître lors d'une rémission des manifestations articulaires et alterner avec la cessation brusque de l'écoulement uréthral.
Ce sont sans doute des observations de cet ordre qui ont conduit certains auteurs à désigner celle affection sous le nom d'ophtalmie blennorrhagique rnétastatique , pour la distinguer de l'ophtalmie blennorrhagique directe on par contagion, bien autrement grave.
L'iritis séreuse uréthralc s'accompagne d'injection périkératique vive, de décoloration de l'iris, de myosis, de synéchies, de larmoiement, de photophobie et de douleurs ciliaires et circumorbitaires périodiques. A cela s'ajoutent le pointillé caractéristique profond de la cornée et le trouble poussiéreux du vitré qui témoignent de la participation de la choroïde et de la rétine. Une fois les milieux redevenus transparents, on découvre à l'ophlalmoscope. principalement vers la région équatoriale, des plaques décolorées provenant de la désagrégation du pigment rétinien.
En général, cette iritis cède facilement à un traitement actif institué dès le début, mais les récidives sont à craindre, tant que subsiste l'écoulement uréthral. De là résulte une double indication, visant à la fois l'iritis blennorrhagique et l'uréthrite infectieuse.
D. — IRITIS SUPPURATIVE
Ce qui caractérise cette forme, c'est la production de pus qui infiltre le parenchyme irien et s'épanche dans la chambre antérieure.
Il est actuellement prouvé que l'iritis suppurative, traumatique ou spontanée, reconnaît pour cause la présence de micro-organismes ou de leurs sécrétions. Suivant l'intensité de l'agent infectieux, elle aboutit à la guérison ou à la panophtalmie.
Ses principaux caractères cliniques sont : le changement rapide de coloration de l'iris; le trouble profond de l'humeur aqueuse, d'abord louche, lactescente puis jaunâtre; enfin l'apparition fréquente de foyers purulents disséminés, rappelant des nodules tuberculeux. Plus tard, il se montre dans la chambre antérieure du pus avec un exsudât abondant qui, en cas de blessure, se répand au dehors et recouvre la cornée d'une couenne facile à enlever, mais qui tend sans cesse à se reproduire.
L'iris fortement hyperhémié est sillonné de vaisseaux variqueux, surtout visibles à la loupe. Des exsudations ne tardent pas à obstruer la pupille et à créer des adhérences avec la cristalloïde antérieure.
Lors d'infiltration prononcée, la chambre antérieure s'efface et l'iris s'applique contre la face postérieure de la cornée.
La conjonctive bulbaire sécrète du muco-pus et devient chémotique. Dans les cas graves où la suppuration envahit la choroïde, il s'ajoute un gonflement œdémateux des paupières, rendant l'exploration difficile.
Sauf dans certaines formes Lorpides, le malade accuse des douleurs vives qui lui enlèvent tout sommeil. Elles se calment d'ordinaire après la perforation coriiéenne, qui se traduit par L'apparition d'une sorte de bourbillon jaunâtre, constitué par l'iris et le vitré en voie de désorganisation purulente.
Une terminaison moins grave est celle où il s'établit des adhérences étendues sinon totales entre l'iris, le cristallin et la cornée. Le glaucome ou le décollement de la rétine et du vitré sont alors à craindre, après un temps plus ou moins long.
E. — IRITIS HÉMORRHAGIQUE
C'est principalement dans la forme plastique de l'iritis, chez des individus âgés ou cachectiques, que l'on voit parfois survenir des hémorrhagies dans la chambre antérieure.
Hutchinson1 les distingue en consécutives à l'opération de la cataracte, en sympathiques et en arthritiques séniles. Il leur reconnaît comme caractères une apparition brusque et une résorption rapide, sans qu'il en résulte de grands dommages pour l'œil. Lorsque par exception le sang séjourne longtemps, le pronostic est grave et l'on doit craindre une désorganisation du globe.
Broca2, d'accord avec Sabatier3 et en opposition avec Imre\ envisage l'hypohéma comme la conséquence et non la cause de l'inflammation de l'iris. Pour les hypohémas abondants, il se déclare partisan de la paracentèse. Grâce à cette intervention, le sang ne se reproduit plus ou qu'en proportion moindre et la résorption spontanée est alors la règle.
Reche5 signale trois cas d'iritis hémorrhagique : le premier chez un arthritique qui dans l'espace de dix ans eut trois attaques, le second chez un rhumatisant syphilitique et le troisième chez un sujet de trente ans qui quatre ans auparavant avait été atteint de rhumatisme polyarticulaire fébrile. Il insiste sur l'influence de la diathèse rhumatismale, sur l'abondance de l'hémorrhagie et la tendance de l'affection à récidiver. Comme Hutchinson6, il a été frappé du caractère alarmant que revêt l'iritis au début, alors qu'en réalité la guérison est la règle. Chez un sujet de trente ans, goutteux et blennorrhagique, que nous avons eu à traiter, la terminaison a été également favorable.