‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 17 sur 547 · Ulrich. Arch. f. Opht · texte numérisé non relu

Ulrich. Arch. f. Opht

Nous avons même toujours constaté que les injections de bleu de Prusse, poussées avec une faible pression pour éviter les déchirures, traversaient les mailles du muscle ciliaire et pénétraient jusque dans la supra-choroïde. En revanche, la cornée, sauf dans ses lamelles les plus postérieures, et le tissu de l'iris, à part quelques leucocytes migrateurs disséminés dans les couches les plus superficielles du stroma, sont restés exempts de coloration.

Il est généralement admis que l'humeur aqueuse rétro-iridienne franchit l'orifice pupillaire pour arriver dans la chambre antérieure. Seul Ulrich, se fondant sur des expériences faites avec des injections sous-cutanées de ferrocyanure de potassium, prétend que le courant, au lieu de passer par la pupille dont les bords sont en contact avec le cristallin, filtre en majeure partie à travers la zone externe cribriforme de la base de l'iris. C'est là, croyons-nous, un fait qui mérite d'être à nouveau confirmé.

Nous ne citerons que pour mémoire l'opinion de Sténon (1664), qui admettait dans la cornée l'existence de pores laissant passer l'humeur aqueuse. Leuwenhoeck crut en donner la preuve en faisant sourdre par la pression des gouttelettes sur des yeux d'animaux énucléés, phénomène qui est entièrement d'ordre cadavérique. Cette hypothèse prit corps lorsque Janin, recouvrant l'œil vivant avec un verre de montre, affirma qu'il avait vu s'échapper du liquide à travers la cornée.

Leber1, en variant les expériences, a démontré d'une façon certaine que sur l'œil à l'état de vie nulle transsudation n'a lieu. L'obstacle à ce passage est dû à l'endothélium de la membrane de Descemet. Si l'on vient à l'enlever par places à l'aide d'un crochet courbe introduit dans la chambre antérieure, la filtration s'opère en provoquant un trouble partiel qui, par sa forme, reproduit exactement la lésion de l'épithélium.

La conclusion à tirer de tous ces faits, c'est que la principale voie d'excrétion antérieure est bien l'angle iridien.

La voie de filtration postérieure, admise par Stilling2 , Markwort3, Laqueur, Russi1, Leplat5 et d'autres, n'est pas à l'abri de contestation. S'il est vrai qu'une injection colorée poussée dans le crâne remplit facilement l'espace sous-vaginal du nerf et de là pénètre dans la rétine et le vitré, rien ne prouve qu'un courant inverse centripète existe en réalité. La chose parait d'autant moins probable qu'à l'état normal la tension intra-crànienne est supérieure à celle de la cavité oculaire.

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