‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 193 sur 547 · Tiulberg. ibid., XIII, 1884, p · texte numérisé non relu

Tiulberg. ibid., XIII, 1884, p

seaux épiscléraux variqueux. L'adosseraent de la tumeur à la cornée amène un trouble de l'épithélium.

Le diagnostic est souvent difficile, surtout quand il s'agit de déterminer si la tumeur irienne est seule ou accompagnée de productions analogues, du côté des procès ciliaires et delà choroïde. La diiiîculté est d'autant plus grande qu'il devient parfois impossible d'explorer à l'ophlalmoscope les parties situées immédiatement en arrière de l'iris et que la lésion, placée en dehors du champ visuel, ne se traduit pas par du scotome. C'est alors qu'il importe de voir si la portion correspondante de la sclérotique n'offre pas une coloration noire ou ardoisée, et ne tend pas à devenir staphylomateuse. L'élévation du tonus, une cataracte commençante et l'œdème de la rétine, comme cela avait lieu dans les cas de Webster, Gieson et Zellweger, plaident en faveur d'une propagation en arrière.

Tant que la vision n'est pas atteinte et qu'on n'est point fixé sur la coexistence d'une tumeur choroïdienne, l'abstention est permise. Mais une fois le diagnostic bien établi, l'extirpation avec iridectomie s'impose, cela d'autant mieux que, sur 7 opérations ainsi faites, on dit avoir obtenu 5 succès complets. Si l'on soupçonne une tumeur choroïdienne, il ne faut pas hésiter à pratiquer au plus tôt l'énucléation.

B. — LYMPHOMES DE L'IRIS

Ces néoplasmes se lient tantôt à l'adénie et d'autres fois à la leucémie splénique. Leur nombre et leur siège sont variables. C'est ainsi que, discrets ou confluents, on les rencontre parfois profondément situés entre le stratum uvéal et la couche vasculaire, tandis qu'ailleurs ils sont sous la limitante antérieure et par conséquent superficiels. Dans ce dernier cas, ils apparaissent sous forme de nodules multiples gris transparents, entourés d'un réseau vasculaire nettement visible. Avec un siège plus profond, le néoplasme échappe nécessairement aux investigations; mais alors, des signes d'iritis chronique, avec trouble du vitré et organisation rapide d'exsudations pupillaires, ne tardent pas à se manifester et à mettre sur la voie.

Contrairement à ce qui a lieu pour les tubercules, les lymphomes de l'iris n'ont aucune tendance a suppurer, particularité qui peut servir dans le diagnostic. Tout au plus pourrait-on les confondre avec des gommes.

A l'examen histologique, on trouve des amas de leucocytes emprisonnés dans le stroma irien devenu plus dense et de nombreux vaisseaux gorgés de globules blancs.

Dans les formes relativement bénignes, le néoplasme peut disparaître par régression, tout en laissant une décoloration et une atro-

phie partielle de l'iris. Dans colles graves, le globe finit par s'alrophier complètement.

En général, cette affection s'observe chez des individus jeunes, très rarement chez l'adulte. Pour Horner1 et Michel-, elle apparaîtrait avant les manifestations viscérales de la leucocytose.

Un traitement local n'est vraiment indiqué que lorsqu'il s'ajoute des symptômes d'iritis. Les instillations d'atropine, en s'opposant à la production de synéchies, rendent alors de réels services.

Étant donné que le lymphome expose l'iris à une inflammation à marche envahissante et que dans les formes légères la guérison spontanée est possible, on doit s'abstenir de toute intervention opératoire et s'adresser simplement aux moyens médicaux employés dans la leucémie et l'àdénie.

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