‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 198 sur 547 · Vossius, Deutschmann s Beitr. z. Augenh., II · texte numérisé non relu

Vossius, Deutschmann s Beitr. z. Augenh., II

inflammatoire n'est qu'ébauchée. Malgré cela, on constate des synéchies iritiques et l'opacification de la cornée.

Comme on le voit, cette affection est ordinairement destructive, et ce qui en augmente la gravité, c'est la coexistence de manifestations de même ordre dans l'organisme.

Les individus prédisposés héréditairement ou non, entre cinq et vingt-cinq ans, offrent le plus d'exemples. Habituellement, un seul œil est atteint. Lorsque les deux sont en cause, les procès ciliaires et la choroïde y prennent part.

A l'état de crudité, les tubercules de l'iris sont constitués par des amas de petites cellules épithélioïdes, disposées concentriquemcnt autour d'un vaisseau oblitéré, et par de grandes cellules à plusieurs noyaux, dites géantes. La méthode des colorations permet d'y déceler souvent des bacilles de Koch. D'après Kostenitsch (/. c), les cellules épithélioïdes proviennent des cellules fixes pigmentées de l'iris, de celles de l'uvée et de rendolhélium desméien. A la période de ramollissement, alors que des détritus caséeux remplissent la chambre antérieure, la détermination histologique devient moins facile.

Cliniquement, la confusion avec les gommes syphilitiques, les abcès de l'iris par corps étrangers, est possible. En pareil cas, on pourrait songer à des inoculations d'épreuve, en injectant dans la chambre antérieure du lapin une certaine quantité d'humeur aqueuse extraite de l'œil malade. Il est vrai que Baumgarten prétend n'avoir jamais rencontré de bacilles dans ce liquide, mais rien n'empêche de tenter ce moyen, surtout depuis que Lcber a démontré la diffusibilité des produits bacléridiens. Le succès serait encore plus assuré si l'expérience était faite avec du pus provenant d'un hypopyon symptomatique.

On recherchera en même temps les antécédents personnels et héréditaires du sujet, saus négliger l'examen des organes.

Le traitement est à la fois médical et chirurgical.

Certains auteurs conseillent la résection de la portion malade de l'iris ou l'énucléation précoce, dans l'espoir d'arrêter par là toute propagation. D'autres, au contraire, envisageant que les tubercules iriens sont l'expression d'une infection générale, proscrivent toute intervention.

Comme on n'est jamais sûr qu'un individu atteint de tuberculose de l'iris soit exempt de lésions viscérales latentes, que la généralisation n'est pas fatale et qu'il y a des cas avérés de guérison, nous nous rangeons, d'accord avec van Duyse, Leber, Pflùgcr1 et Coppez'2, du côté de ceux qui s'abstiennent.

Pour ce qui est de l'iridectomie, elle ne compte en réalité que deux

Page 1