Coppez, Soc d. Sciences méd. et nat., Bruxelles
succès, l'un de Treitel1, L'autre de Terson2 (de Toulouse). Partout ailleurs, la récidivé a été la règle, et maintes fois l'intervention opératoire a aggravé l'état de l'œil.
Le traitement local comporte l'usage des mydriatiques. Une bonne hygiène et une médication reconstituante par l'huile de foie de morue, l'arsenic et la créosote en injections hypodermiques, contribueront à relever les forces. L'iodoforme, administré par la bouche à la dose de 50 à 40 centigrammes par jour, nous a paru efficace.
Une fois l'œil en pleine purulence, l'énucléation est indiquée. Grâce à cette intervention, nous avons obtenu des' guérisons définitives sans généralisation.
E. — LÉPROMES DE L'IRIS
Tous ceux qui se sont occupés de la lèpre, et en particulier nos confrères norvégiens, affirment que les tubercules lépreux ne se développent qu'autant que le limbe scléro-cornéen en est le siège. Ce qui semble confirmer cette manière de voir, c'est que le léprome s'attaque surtout à la base de l'iris, alors que le reste de cette membrane ne participe à l'affection que sous forme d'iritis plastique ou séreuse.
Il ne faudrait pas croire cependant que l'iris ne puisse s'enflammer primitivement sous l'influence de la lèpre, sans apparition de boutons lépreux. A cet égard, l'observation d'un mulâtre, atteint depuis trois ans de lèpre tuberculeuse, est des plus concluantes. Nous avions constaté chez lui une double iritis séreuse, avec le pointillé caractéristique de la face profonde de la cornée, sans autre manifestation locale. En vue de calmer les douleurs et l'inflammation, une iridectomie fut pratiquée des deux côtés, ce qui nous permit de nous rendre compte que le pointillé consistait en simples dépôts plastiques. Ajoutons que le malade avait eu antérieurement deux attaques semblables d'iritis.
L'hyperhémie et la photophobie sont habituellement modérées, surtout dans les formes subaiguës où le sujet ne vient consulter que par suite de la défectuosité de sa vue. Cela tient à l'intransparence de la cornée et à des exsudations iritiques abondantes dans le champ pupillaire.
Grâce à l'anatomie pathologique et aux recherches microbiennes, nous savons aujourd'hui que partout où se montrent des boutons lépreux, on est sur de rencontrer des bacilles caractéristiques. Partant de là, on a essayé, dans ces derniers temps, d'inoculer la lèpre sur des yeux de lapin, dans le but de déterminer les mômes altérations, mais les résultats ont été négatifs.