‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 200 sur 547 · Terson, Soc. fr. d'Opht · texte numérisé non relu

Terson, Soc. fr. d'Opht

Abandonnée à elle-même, l'affection aboutit tôt ou tard à l'ulcération et à la perforation de l'œil, autrement dit à une cécité complète. Si l'on réfléchit que le plus souvent les lésions succèdent à des boutons lépreux cornéens, on conçoit l'importance de détruire ces derniers, avant cpie l'iris soit envahi. Pour cela, on se conformera à ce qui a été exposé à propos de la lèpre cornéenne.

Contre l'iritis, on doit faire usage d'atropine et administrer l'huile de Schaulmoogra à doses successivement croissantes.

Après la période inflammatoire, s'il subsiste de larges synéchies, on pratique l'iridectomie. Cette opération est également indiquée dans les cas d'inflammation rebelle et lors d'élévation du tonus.

F. — CYSTICERQUE DE L'IRIS

Pour compléter l'étude des productions anormales de l'iris, il nous reste à parler des kystes à cysticerque. On en connaît à peine une vingtaine de cas, presque tous recueillis à l'étranger, notamment en Allemagne.

Ordinairement saillant dans la chambre antérieure, le cysticerque se présente sous la forme d'une vésicule diaphane, du volume d'un grain de chènevis ou d'un gros pois. Par un examen attentif, on remarque deux parties nettement distinctes : l'une, rétrécie ou col, surmontée d'une tète en massue; l'autre, large et arrondie, appelée vésicule caudale, implantée sur l'iris. A l'aide de la loupe et de l'éclairage latéral, on parvient à saisir des mouvements alternatifs d'expansion et de retrait de la tête qui, au moment où elle s'allonge, parcourt toute la circonférence de la chambre antérieure. Avec un grossissement plus fort, on aperçoit une couronne de crochets implantés sur l'extrémité céphalique. En raison sans doute de son poids, la tête plonge habituellement vers le bas de la chambre antérieure et il suffit de renverser fortement le malade en arrière pour changer la direction du parasite. Une lumière vive, en excitant les contractions de l'iris, active les mouvements vermiculaires, qui se ralentissent après instillation d'atropine. On s'explique ce dernier fait par la fixité de l'iris refoulé vers la périphérie, à moins qu'on n'admette une action stupéfiante de l'agent midriatique sur l'entozoaire.

A mesure que la poche kystique grossit, elle empiète de plus en plus jusqu'à cacher l'orifice pupillaire, d'où il résulte nécessairement une gêne pour la vision.

Les phénomènes réactionnels, à peu près nuls au début, ne tardent pas à s'accentuer et à provoquer une exsudation plastique abondante avec synéchies. La partie de la cornée sur laquelle appuie la poche s'infiltre et s'opacifie à son tour.

On sait aujourd'hui que le cysticerque celluleux dérive d'un œuf de teenia, de celui du porc en particulier, qui se transforme eu un embryon exacanthe et s'entoure d'une vésicule propre caudale. Une fois évolué dans l'iris, le kyste proémine dans la chambre antérieure, à cause de la moindre résistance qu'il rencontre de ce côté.

Tant que la réaction fait défaut, on n'a pas à intervenir. Sitôt qu'il en est autrement, on instille de l'atropine pour rompre les adhérences irido-capsulaires et modérer l'inflammation. Une fois l'œil devenu intolérant, l'extraction du kyste, y compris l'ablation de la partie de l'iris où il s'implante, constitue le seul procédé curatif. 11 ne faudrait pas, en effet, compter sur la ponction simple, pas plus que sur l'action de certains agents réputés germicides, tels que les vapeurs d'acide cyanhydrique portées sur la surface du globe, ou l'essence de térébenthine et le sulfate de quinine administrés par la bouche.

Nous en dirons autant de l'électrolyse et des injections modificatrices dans la poche. Etant donné son petit volume et sa mobilité, de pareils moyens sont d'une exécution difficile, outre qu'ils risquent de provoquer une inflammation.

Diverses opérations se pratiquent sur l'iris dans le but de rétablir la perméabilité de l'orifice pupillaire. de parer à des opaciiications partielles de la cornée et du cristallin, de prévenir de nouvelles rechutes d'iritis et de combattre le glaucome. D'après cela, les unes sont d'ordre purement optique, les autres rentrent dans la thérapeutique oculaire.

A. — IRIDOTOMIE

Woolhouse1 eut le premier l'idée de détruire les adhérences iritiques obstruant la pupille, au moyen d'une aiguille introduite d'arrière en avant à travers la sclérotique.

Mais c'est en réalité William Cheselden2 qui appliqua ce procédé pour des occlusions pupillaires, consécutives à l'abaissement de la cataracte. Il donnait à la pupille artificielle une direction transversale. Heuermann3 ayant reconnu, avec Sharp, les dangers de cette opération, conseilla de faire pénétrer l'instrument par la partie inférieure de la

1. Woolhouse, Expér. de différentes opér. mur yeux, Paris, 1711.

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