SENSIBILITÉ GÉNÉRALE DE L'ŒIL
Les différents tissus qui entrent dans la constitution du globe ne jouissent pas du même degré de sensibilité. Très développée pour les uns, elle est obtuse, sinon nulle pour d'autres. C'est ce qui nous oblige à l'étudier isolément dans chaque territoire.
On sait que le moindre attouchement de la surface antérieure de la cornée est vivement ressenti. Cela s'explique par la grande richesse, et le siège sous et intra-épithélial des filets nerveux. De plus, étant donné que les nerfs de cette membrane proviennent, pour la plupart, du ganglion ophtalmique, il n'est pas étonnant que la sensibilité qui lui est propre jouisse d'une certaine indépendance. Claude Bernard a noté qu'à la suite de l'empoisonnement par la strychnine la cornée perdait toute sensibilité, alors que la conjonctive la conservait. Dans l'intoxication par le sulfure de carbone, Bergeron et Levy ont vu la sensibilité cornéenne disparaître tout d'abord, et ne revenir que quatre à cinq minutes après le rétablissement de celle générale.
Dans la mort par section du bulbe, cette membrane reste irritable alors que la conjonctive ne provoque aucun réflexe. De même sous l'influence de l'anesthésie chloroformique, la cornée doit être envisagée connue 1 ultimum moriens.
La cocaïne et l'érythrophléine, instillées en collyre, jouissent de la propriété d'abolir la sensibilité de l'œil. On sait le parti que l'on tire journellement de la cocaïne en ophtalmologie, depuis qu'elle a été introduite dans la pratique par Koller de Vienne. Il n'en est pas ainsi de l'érythrophléine, à cause de son action irritante.
Si la cornée possède une sensibilité tactile exquise, elle est loin d'être aussi sensible à la douleur et à la température. C'est ainsi que sa section dans l'opération de la cataracte est peu douloureuse et que les variations thermiques sont relativement bien supportées.
Chose digne de remarque, la cocaïne, qui supprime la sensibilité