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SENSIBILITE GENERALE DE L'OEIL

tactile et la douleur, respecte en grande partie le sens calorifique.

Dans divers états morbides, la cornée devient d'une sensibilité excessive, ainsi qu'en témoignent les douleurs oculaires et circumorbilaires vives dont se plaignent les sujets atteints de kératite. Le simple contact de l'air suffit à provoquer chez eux de la photophobie. Il ne faudrait pas croire que ce soit l'action de la lumière sur l'oeil qui détermine ce phénomène. La photophobie liée à une inflammation cornéenne persiste dans l'obscurité, et se montre chez des individus complètement amaurotiques. Nous avons noté dans la paralysie de la cinquième paire une absence totale de photophobie, bien que la cornée fût enflammée, et qu'il existât du pus dans la chambre antérieure. Ajoutons que dans les lésions de la rétine et du nerf optique, elle n'apparaît qu'exceptionnellement, preuve qu'elle a pour point de départ les nerfs sensitifs de la cornée et non la rétine. Plus les lésions sont superficielles, plus la photophobie est intense, ce qui s'explique par le siège intra-épithélial du plexus nerveux. La contraction réflexe spastique de l'orbiculaire, et par suite l'occlusion forcée des paupières, en sont la conséquence inévitable.

La sclérotique, en sa qualité de membrane fibreuse, offre une sensibilité fort obtuse. Aussi les blessures et les opérations qui l'intéressent provoquent très peu de souffrances. Le travail phlegmasique ne l'hyperesthésie qu'à un degré faible, ainsi que nous le verrons à propos de la scléro-choroïdite antérieure et postérieure.

L'iris et les procès ciliaires, grâce à leur richesse nerveuse, jouissent d'une sensibilité exquise, bien supérieure à celle de la cornée, surtout au point de vue de la douleur. C'est ainsi que l'excision d'un lambeau irien ou l'arrachement de la capsule cristallinienne avec une partie de la zonule sont toujours très vivement ressentis. Ce qui est vrai pour l'état normal, l'est également pour les cas pathologiques. A cet égard, l'iritis et la cyclite aiguës rentrent dans les affections oculaires les plus douloureuses.

La choroïde est bien moins sensible que l'iris et les procès ciliaires, ainsi qu'en témoignent les ruptures traumatiques et les sections opératoires. De même, à l'état pathologique, il n'est pas rare de voir des inflammations choroïdiennes subaiguës parcourir tous leurs stades sans provoquer de douleurs. Tout autre, il est vrai, est le cas de la choroïdite aiguë plastique ou suppurative. Mais il y a lieu de se demander si les sensations térébrantes accusées par les malades ne. sont pas dues plutôt à la compression des nerfs ciliaires, par suite -de l'exagération du tonus. Ce qui semble le prouver, c'est que l'excision partielle du globe et l'ophtalmotomie procurent habituellement un soulagement immédiat, quoique temporaire.

La rétine et le nerf optique sont à peu près dépourvus de sensibilité

générale. Les piqûres, les tiraillements provoquent seulement des phénomènes subjectifs que nous étudierons ailleurs sous le nom de photopsie et de phosphènes. De môme, les rétinites et les névrites optiques sont très rarement accompagnées d'hyperesthésie.

Disons enfin que le cristallin et le vitré entièrement privés de nerfs sont absolument insensibles.

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