Ohlemann, Arch. f. Augenh., XXII. p
10. Trousseau, Soc. a" Opht. de Paris, 7 avril 1891, et Rec. d'Opht.. oct. 1891.
de la sensibilité au bout de dix semaines, et trois semaines plus tard une iritis plastique de l'œil congénère. Grâce à l'énucléation et au traitement mercuriel énergique, l'ophtalmie induite s'amenda mais ne guérit pas définitivement.
Plus instructive encore est l'observation de Schmidt-Rimpler1. Bien que le nerf optique eût été excisé dans l'étendue de la millimètres, la sensibilité s'est rétablie, et un an et demi après survenait de l'iridocyclite sympathique qui guérit par l'énucléation. L'œil ne contenait pas de microbes ; le nerf optique et les nerfs ciliaires étaient atrophiés, sauf au voisinage de la cornée, où se fait l'anastomose du plexus intra-scléral avec les filets ciliaires antérieurs, ce qui explique le rétablissement de la sensibilité dans l'œil sympathisant.
En tenant compte du nombre restreint des névrotomies comparé à celui de l'énucléation, on ne saurait partager l'engouement de Schweigger et autres au sujet de cette opération ; cela d'autant moins qu'elle provoque de l'exorbitis, un hématome orbitaire prononcé et parfois la fonte de l'œil, sans omettre des cas de mort par méningite. Nous en connaissons qui n'ont pas été publiés, et nous-même en avons enregistré un, bien que toutes les précautions antiseptiques eussent été prises.
La pathogénie de l'ophtalmie sympathique n'a été réellement étudiée que depuis Mackenzie2. Après avoir éliminé les vaisseaux et les nerfs ciliaires, l'auteur envisage comme voie probable de transfert les nerfs optiques et le chiasma. Prichard3 s'est rangé à son avis; tandis que Arlt4 et Tavignot considérèrent l'affection comme une pure névralgie réflexe, donnant lieu à l'inflammation de l'œil opposé. Cette opinion, appuyée sur un examen anatomique de II. Mùller5 où le nerf optique était atrophié, mais non les nerfs ciliaii'es pourvus de leur cylindreaxe, devint classique.
L'ophtalmoscope permit de constater depuis, qu'en dehors de Yiridocijclite il existait un autre type, celui de la papillo-névrite sympathique. Cette acquisition fut corroborée par Knies, qui, en disséquant un œil atteint d'irido-cyclite séreuse, reconnut la propagation de la phlegmasie jusqu'au nerf optique du côté opposé.
Deutschmann6 ayant injecté dans l'œil divers microbes, particulièrement de l'aspergillus et des staphylocoques, parvint à provoquer une double papillo-névrite. Il conclut à la migration de micro-organismes phlogogènes, le long des gaines optiques et du chiasma.
1. ScHiiiDT-RisfPLEn, Arch f. Opht., XXXVIII, 1, p. 109, 1892.
2. Mackenzie, Traité des maladies des yeux, Warlemont et Testlin, 1852, p. 12. 5. Prichaud, Assoc. med. Journ., London. 1854.