Schweigger, Arch. f. Augenh., XIV, p
9. A. Gr-efe, Mém. des naturalistes allemands, Magdbourg, 1884.
vue de se mettre à l'abri des accidents qui surviennent parfois après l'énucléation. C'est surtout lors de suppuration et de phtisie de l'œil qu'il préconise cette méthode. Contre l'ophtalmie sympathique, il la restreint au cas où il y a menace, restant toujours partisan de l'énucléation, une fois que le transfert s'est effectué. Cette opération, qui a trouvé de nombreux partisans tant en France qu'à l'étranger, date du commencement du siècle et revient à Wardrop1. Après avoir conseillé, dans les inflammations sympathiques chez le cheval, d'inciser la cornée et d'extraire cristallin et vitré, l'auteur se demande si l'on ne pourrait pas agir de même sur l'homme ; ce que fit Barton dans les cas de pénétration de fragments de cuivre.
Pour pratiquer ï ' éviscêration, Alf. Grsefe dissèque largement la conjonctive autour de la cornée, puis, avec le couteau de Bichter, ponctionne la sclérotique à 2 millimètres du limbe et la sectionne circulairement aux ciseaux. Le segment antérieur réséqué, il vide au moyen d'une curette tout le contenu du globe y compris la choroïde, ne respectant que la coque scléroticale. Il termine par la suture de la conjonctive seule, alors que quelques-uns préfèrent y comprendre la sclérotique.
Tous ceux qui ont fait cette opération sont unanimes à reconnaître avec Prince2 que la douleur et la réaction sont bien plus vives et prolongées qu'après l'énucléation. De môme, ils proclament la durée plus longue de la guérison et confessent qu'au point de vue de la prothèse le résultat diffère peu. Comme les nerfs restent emprisonnés dans la coque oculaire, l'effet thérapeutique est moins certain. Nous reviendrons du reste sur ces points à propos de la panophtalmie.
L'énucléation fut exécutée pour la première fois dans les cas de suppuration et de cancer par Bartisclr', à l'aide d'une cuillère tranchante qu'il promenait tout autour des parois orbitaires. Au xvme siècle, Guérin, Saint- Yves et Ileister conseillèrent, lorsque les conditions le permettaient, de se borner à l'excision de la moitié antérieure du globe pour faciliter la prothèse. Ce fut Louis qui substitua à l'énucléatcur de Bartisch les ciseaux courbes sur le plat. De son côté, Bell proposa de passer à travers le globe une anse de fil, servant à la fois de moyen fixateur et tracteur. Déjà, à cette époque, l'usage des yeux artificiels était courant, et Richter donnait la préférence à ceux en émail.
Le procédé opératoire classique est celui de Bonnet de Lyon. Son principal mérite est de ménager la capsule de Tenon, ce qui permet d'extirper le globe sans léser les parties molles de l'orbite.
L'œil et ses annexes étant lavés antiseptiquement et le blépharostat