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SciIIESS-GEJtDSEDS, Afctl. f. Opllltll., t. IX

SCLÉRO-CHOROÏDITE ANTÉRIEURE. 385

se développent dans la région de Fora serrata, en avant du point d'émergence des veines vorticineuses. Tantôt ils sont situés sous les muscles droits, tantôt dans leur intervalle. Lorsqu'ils sont sous-musculaires, on risque d'en méconnaître l'existence. Dans le cas contraire, la sclérotique fortement distendue nous permet de voir la choroïde à travers. Quel qu"en soit le siège, ils affectent la forme d'une saillie arrondie, de couleur bleuâtre ou ardoisée. Deux caractères les distinguent d'une production mélanique : la facilité avec laquelle la poche se laisse déprimer sous une pression relativement légère, et la translucidité habituelle à l'éclairage oblique. En cas de doute, on peut pratiquer une ponction exploratrice qui, en affaissant la saillie, permet d'établir nettement le diagnostic.

Vu l'état glaucomateux qui se surajoute, on conçoit la perte rapide de la vision. Toutes les fois que l'examen à l'ophtalmoscope est possible, on trouve l'excavation avec atrophie de la papille et, dans les staphylomes équatoriaux, une plaque blanche atrophique encadrée d'un liséré noir.

Le staphylome est constitué par la sclérotique amincie que tapisse la choroïde, réduite à sa simple couche pigmentaire. A la périphérie, on rencontre des saillies verruqueuses et souvent une accumulation de pigment.

Les staphylomes intercalaires présentent la même constitution, sauf que l'iris adhère au fond de la cupule staphylomateuse. Lorsque les procès ciliaires en font partie, ils sont déplissés et notablement atrophiés. La zone de Zinn finit alors par se rompre, et il s'ensuit une ectopie du cristallin généralement du côté opposé.

Nous avons signalé précédemment l'excavation de la papille et l'atrophie des éléments nerveux. Ce qui nous a le plus frappé est la disparition des fibres optiques, toujours plus prononcée dans le nerf que dans la rétine. Cela s'explique par l'endovasculite que nous avons souvent rencontrée le long de l'artère centrale. La choroïde, excepté au niveau du staphylome et au voisinage de la papille, est saine bien qu'aplatie.

Le traitement de la scléro-choroïdite antérieure diffère suivant les variétés. Chez les goutteux et les rhumatisants, on doit recourir aux sudations, aux alcalins, au salicylate de soude et de lithine. Dans la l'orme plastique, avec participation de la cornée et de l'iris, les préparations hydrargyriques conviennent mieux. On les administre par la bouche, en injections hypodermiques ou en frictions. Plus tard, l'iodure de potassium, à la dose de 2 à 4 grammes, rend de réels services.

Si les sujets sont lymphatiques, comme cela est commun chez les enfants et les adolescents, on prescrit les amers, l'iodure de fer,

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l'arsenic, l'iodoforme mélangé avec le double de son poids de café en poudre, et l'huile de foie de morue.

Contre les accès douloureux s'accompagnant de photophobie et de larmoiement, les injections hypodermiques de morphine, le choral et le bromure de potassium seront avantageusement employés.

Lors d'iritis prononcée, on insistera sur les instillations d'atropine. Si la tension de l'œil s'exagère, ce sont les myotiques, ésérine ou pylocarpine, qui doivent être mis en usage, et, en cas d'insuccès, on ajoutera les paracentèses, la sclérotomie et l'iridectomie.

Contre la sclérose cornéenne, on reste souvent désarmé, et l'iridectomie. pas plus que la tonsure de la conjonctive, ne réussissent dans la majorité des cas. De Wecker1 propose l'application de pointes de feu au thermocautère ou à l'électrocautère autour du point sclérosé. Il y revient toutes les semaines et conseille de les répéter jusqu'à dix et douze fois.

A la période staphylomateuse, alors que la vision est abolie et que le malade est en proie à des douleurs symptomatiques de glaucome absolu, on procède à l'énucléation, qui, mieux que toute autre intervention, assure la cessation des souffrances.

SCLÉRO-CHOROIDITE POSTÉRIEURE

A propos de la myopie5, nous avons parlé des modifications qu'éprouve la choroïde au pourtour du nerf optique, sous l'influence de la distension du pôle postérieur. Le croissant blanc qui en résulte, par sa régularité et sa tendance à rester stationnaire ou à ne se développer que lentement, se distingue du processus inflammatoire dont il va être question ici, sous le nom de scléro-choroïdite postérieure.

Déjà il en a été fait mention à propos de la forme progressive de la myopie forte, surnommée encore maligne. Si nous y revenons, c'est pour étudier de plus près la marche et l'anatomie pathologique de la phlegmasie, qui constitue le pendant de la scléro-choroïdite antérieure. Cela est tellement vrai que, depuis Scarpa3. le terme de staphylome postérieur sert à désigner la maladie, dont on a pu suivre les étapes successives, grâce à l'ophtalmoscope.

Au début, le staphylome situé toujours du côté temporal offre une

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